Birmanie: la police réprime les manifestations, une femme blessée par balle

Manifestants birmans anti-putsch militaire à Rangoun, le 27 février 2021.
Manifestants birmans anti-putsch militaire à Rangoun, le 27 février 2021. AFP - YE AUNG THU

Les manifestations dans le pays prennent à la fois un tour plus répressif et plus chaotique. La police birmane a violemment réprimé les rassemblements dans plusieurs villes du pays ce samedi 27 février et une femme a été blessée par balle, rapportent les services ambulanciers et des médias locaux.

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Face aux nouvelles manifestations ce samedi, la police avait été massivement déployée pour les empêcher à Rangoun et dans d'autres villes du pays. Près du carrefour de Hledan, des grenades assourdissantes ont été tirées, selon l'AFP. Les forces de l'ordre ont arrêté les personnes qui commençaient à se rassembler dans les lieux de contestation habituels. Plusieurs journalistes et plus de 140 protestataires ont été interpellés.

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À Monwya, une ville du centre du pays, une femme a été blessée par balle par la police, ont annoncé les services hospitaliers. Trois médias birmans avaient auparavant rapporté qu'elle avait succombé à ses blessures. Un habitant de Monwya contacté par l'agence Reuters avait auparavant déclaré que les forces de l'ordre utilisaient des canons à eau pour repousser les manifestants.

« Que fait la police ? Elle protège un dictateur fou », scandaient les manifestants. Des centaines de membres de l'ethnie Môn s'étaient rassemblés pour commémorer leur fête nationale, rejoints par d'autres groupes ethniques protestant contre le coup d'État. Les manifestants, pour beaucoup munis de masques à gaz, casques et boucliers de fortune, sont partis construire des barricades dans les petites rues alentour.

Scènes de chaos

Les reporters locaux ont diffusé des scènes chaotiques en direct sur Facebook, y compris les moments où les coups de feu ont retenti. Au moins 15 personnes ont été arrêtées, a confirmé la police. Parmi elles, trois journalistes, dont un photographe de l'agence américaine Associated Press, un vidéaste et un photographe de deux agences birmanes, Myanmar Now et Myanmar Pressphoto.

Depuis le coup d'État, quatre personnes ont perdu la vie pendant des manifestations, une autre est morte au cours d'une patrouille nocturne. De son côté, l'armée a signalé qu'au moins un policier avait été tué. 

Une ONG d'aide aux prisonniers politiques évalue à plus de 770 le nombre de personnes arrêtées, inculpées ou condamnées depuis le putsch, dont quelque 680 toujours derrière les barreaux.

Les manifestations se poursuivent néanmoins dans tout le pays, depuis les montagnes de l'État Chin dans le Nord jusqu'à la ville côtière de Dawei dans le Sud.

La junte birmane invoque pour justifier le coup d'État des fraudes électorales lors des élections générales de novembre, les deuxièmes depuis la dissolution de la junte en 2011 et qui avaient été remportées haut la main par le parti d'Aung San Suu Kyi.

Vendredi, l'ambassadeur de la Birmanie à l'ONU, Kyaw Moe Tun, a rompu les rangs, et appelé avec émotion à « mettre fin au coup d'État militaire ». En réaction, la télévision d'Etat MRTV a annoncé ce samedi soir que Kyaw Moe Tun n'était plus l'ambassadeur de Birmanie à l'ONU. Il « n'a pas suivi les ordres et la direction de l'État, et a trahi le pays », a-t-elle annoncé. « C'est pourquoi, il est révoqué de son poste à partir d'aujourd'hui ».

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