Birmanie: Htein Lin, un artiste-peintre au service de la contestation

L'artiste-peintre birman Htein Lin en novembre 2015 (image illustration)
L'artiste-peintre birman Htein Lin en novembre 2015 (image illustration) AFP - ROMEO GACAD

La contestation contre le coup d'Etat continue. Alors que la plupart des habitants sont dans les rues, d'autres utilisent les moyens à leur disposition pour soutenir le mouvement. C'est le cas de Htein Lin, qui a levé des fonds avec ses amis artistes, grâce à la création et la vente de peintures à bas prix.

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Avec notre correspondante à Rangoun, Juliette Verlin

Les cheveux longs et le sourire en coin, Htein Lin est un artiste-peintre célèbre en Birmanie, à l’origine d’un projet de soutien envers le mouvement de désobéissance civile à Rangoun. « J’ai parlé avec des amis artistes de la création d’une rue d’artistes. Ça a duré du 10 au 15 février. Nous autres artistes descendaient dans la rue, nous peignions, les gens venaient voir, et nous suspendions nos œuvres sur la grille de la cour de justice. C’est pourquoi nous avons appelé l’évènement "Rue des artistes pour le mouvement de désobéissance civile "».

Htein Lin et ses amis, parfois aussi célèbres que lui, vendent leurs œuvres à prix cassé, et les fonds sont intégralement reversés aux populations en grève qui protestent contre le gouvernement militaire. Les boutiques d’art leur offrent de la peinture et des toiles gratuitement.

Son nom est sur une liste d’artistes potentiellement bientôt arrêtés par la police, mais il hausse les épaules à son évocation, et raconte l’origine de son art, lorsqu’il était en prison de 1998 à 2004. « J’avais beaucoup de temps et je peignais sur des uniformes de prison. A chaque fois que j’avais du charbon ou de la craie, je dessinais toujours en une seule ligne. Je fais surtout des portraits, c’est comme une méditation. Je fais un point de départ sur la toile, et je continue à dessiner sans m’arrêter. C’est comme ça que j’ai fait le portrait d’Aung San Suu Kyi, vous voyez le mot "LIBRE", derrière elle, les trois doigts du symbole de la révolution. La ligne se termine sur ma signature. »

Htein Lin continue à vendre ses créations à Rangoun, pour le plus grand plaisir des collectionneurs – et des grévistes qu’il soutient tous les jours.

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