En Chine, la liberté d'informer en «rapide déclin» pour les correspondants étrangers

Un journaliste étranger est bloqué par deux opolicers chinois alors qu'il essaie de filmer Zhou Xiaoxuan, un célèbre animateur télé accusé de harcèlement sexuel, à l'extérieur d'un tribunal à Pékin, le 2 décembre 2020.
Un journaliste étranger est bloqué par deux opolicers chinois alors qu'il essaie de filmer Zhou Xiaoxuan, un célèbre animateur télé accusé de harcèlement sexuel, à l'extérieur d'un tribunal à Pékin, le 2 décembre 2020. AP - Andy Wong

Il n’y a décidément rien pour racheter 2020 : crise sanitaire, crise économique et crise de la liberté d'information en Chine. Pour la troisième année consécutive, aucun journaliste étranger en poste dans le pays n’a déclaré avoir vu d’amélioration dans ses conditions de travail, bien au contraire. Dix-huit reporters ont été expulsés l’année dernière, note le club des correspondants étrangers en Chine dans son rapport annuel.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

« Tracer, traquer, expulser : raconter la Chine au milieu d’une pandémie ». Le titre du rapport annuel du club des correspondants étrangers en Chine (FCC), fait référence à la stratégie chinoise de lutte contre le Covid-19 et aux applications de santé sur les smartphones qui tracent les déplacements. Il décrit aussi une réalité rencontrée par de nombreux reporters sur des sujets considérés comme sensibles par le régime chinois, dont la pneumonie virale fait partie.

La situation ne s’est pas arrangée en 2020. L’association évoque au contraire un « rapide déclin » pour la liberté d’informer. Les chiffres d’abord, très parlants eux aussi : 18 journalistes ont été expulsés l’an passé. « J’ai pris mon poste avec 15 reporters, raconte le chef du bureau du Wall Street Journal, et nous ne sommes aujourd’hui plus que 4 » pour couvrir l’ensemble de la Chine populaire.

Renouvellement réduit des accréditations

Les consœurs et confrères américains sont parmi les plus visés, mais ils ne sont pas les seuls. Deux journalistes australiens ont dû quitter précipitamment le territoire après avoir reçu la visite d’agents de la sécurité d’État après minuit et subi des interrogatoires.

Une journaliste australienne travaillant pour la télévision étatique chinoise a été arrêtée, ainsi qu’une ressortissante chinoise engagée par l’agence Bloomberg.

Enfin, les pressions se font aussi au moment du renouvellement des accréditations de presse chaque année. Treize de nos consoeurs et confrères se sont ainsi vu attribuer des visas journalistes de moins de six mois en 2020.

► À lire aussi : La Chine s'attaque aux accréditations des correspondants de médias américains

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