Hong Kong: des centaines de personnes rassemblées en soutien aux opposants inculpés

Des manifestants venus par centaines soutenir les militants pro-démocratie inculpés au tribunal de Kowloon West, à Hong Kong, le 1er mars 2021.
Des manifestants venus par centaines soutenir les militants pro-démocratie inculpés au tribunal de Kowloon West, à Hong Kong, le 1er mars 2021. AP - Vincent Yu

L'ancienne colonie britannique a brièvement renoué avec sa longue tradition de manifestations, ce lundi 1er mars. Plusieurs centaines de sympathisants sont venus soutenir les 47 militants pro-démocratie inculpés pour « subversion » selon la nouvelle loi de sécurité nationale, imposée l'an dernier par Pékin pour faire taire l’opposition. Les interdictions de rassemblement quasi permanentes, ordonnées pour lutter contre le coronavirus, avaient permis aux autorités d'empêcher presque toutes les velléités de manifestation.

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Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

Un désordre comme Hong Kong n’en a plus vu depuis très longtemps. « Libérez les prisonniers politiques », « Debout pour Hong Kong », scandaient des protestataires. « Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps », disaient d'autres en reprenant le leitmotiv de la mobilisation de 2019, un slogan qui est désormais illégal en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

Plusieurs centaines de sympathisants s’étaient mobilisés, dès lundi matin, pour afficher leur soutien aux 47 militants pro-démocratie arrêtés ce dimanche. Ces derniers devaient ce même jour entendre leur inculpation formelle pour « complot en vue de commettre un acte de subversion », l'un des quatre crimes couverts par la loi sur la sécurité nationale, passible de la prison à perpétuité. 

Le gouvernement hong-kongais leur reproche leur rôle dans l’organisation de primaires non-officielles en juillet 2020. Mais les procureurs semblent estimer que vouloir gagner la majorité au Parlement équivaut à vouloir renverser le gouvernement.

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Salut à trois doigts

Ce lundi, certains des manifestants faisaient le salut à trois doigts, symbole de résistance dans plusieurs pays asiatiques, comme la Thaïlande ou la Birmanie. Des élèves d'une école voisine ont par ailleurs été entendus lançant des encouragements aux prévenus depuis les fenêtres de leur établissement.

La tension est montée d'un cran lorsque la police a haussé le ton, rapporte notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Les forces de l'ordre ont alors brandi des banderoles menaçant les manifestants réunis devant le tribunal de Kowloon West d’être arrêtés immédiatement, selon la loi de sécurité, s'ils ne se dispersaient pas. La foule a largement accepté de se plier à cette injonction. Certains, en quittant les lieux, n'ont pas manqué de bousculer des policiers et d'entonner des chants.

Un petit groupe de partisans du gouvernement était également aux abords du tribunal pour crier leur soutien aux autorités. « Punissez sévèrement les traîtres, appliquez la loi sur la sécurité et jetez-les derrière les barreaux », pouvait-on lire sur une banderole.

Dans le tribunal de Kowloon, les accusés étaient si nombreux que trois salles d'audience avaient été réservées. Après une brève comparution, l'audience a été déplacée à la fin de l'après-midi.

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