Hong Kong: Pékin planche sur une réforme pour mieux contrôler les candidats aux élections

L'Assemblée nationale populaire, réunie à partir du 5 mars 2021 pour sa première session plénière annuelle, est saisie d'une réforme du système électoral hongkongais.
L'Assemblée nationale populaire, réunie à partir du 5 mars 2021 pour sa première session plénière annuelle, est saisie d'une réforme du système électoral hongkongais. REUTERS - CARLOS GARCIA RAWLINS

Le gouvernement central chinois a l’intention d’imposer à l'ancienne colonie britannique le principe selon lequel il va falloir être certifié « patriote » pour pourvoir jouer un rôle politique quelconque. Des détails des futures réformes électorales sont arrivés dans la presse locale, avant même d’être annoncés à Pékin.  

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Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

Alors que Pékin n’a pas encore livré les détails des réformes électorales qu’elle entend imposer à Hong Kong, de nombreuses fuites dans la presse locale parlent de l’élimination des cinq super sièges, les sièges les plus « démocratiques » du Parlement, dont le nombre de sièges total passerait de 70 à 90. Les conseillers de district ne seraient plus habilités à élire le chef de l’exécutif, conséquence de la victoire écrasante de l’opposition aux élections de district en 2019. 

Et le conseil électoral, qui élit le chef de l’exécutif, passerait de 1 200 sièges à 1 500 sièges, sans doute pour diluer les rares voix pro-démocratie présentes dans ce forum. Quarante-sept militants pro-démocratie sont toujours en détention provisoire à Hong Kong, accusés de « complot en vue de subversion » pour leur rôle dans des primaires de l’opposition.

L'objectif pour Pékin, il est clair : c'est contrôler l'ensemble de la vie politique à Hong Kong et empêcher le mouvement pro-démocratie de pouvoir s'exprimer, de pouvoir être élu.

Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique

Report des élections législatives

Pour que tous ces changements aient le temps de se mettre en place, les élections législatives, repoussées d’un an en septembre 2020, seraient à nouveau repoussées d’un an. De quoi contrôler de manière très serrée la vie politique en essayant de garder une coquille de démocratie. 

En réaction aux manifestations de 2019 contre l'exécutif local pro-Pékin, l'Assemblée nationale populaire (ANP) avait déjà imposé l'an dernier dans son territoire autonome une loi sur la sécurité nationale qui a radicalement entamé les libertés politiques.

L'Union européenne, par la voix du porte-parole de son chef de la diplomatie Josep Borrell, a mis en garde Pékin vendredi sur cette réforme, se disant « prête à prendre des mesures supplémentaires en réponse à toute nouvelle détérioration grave des libertés politiques et des droits de l'homme à Hong Kong, qui serait contraire aux obligations nationales et internationales de la Chine. »

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