La Chine affiche un optimisme prudent en ouverture de son Assemblée nationale populaire annuelle

Dans son discours en ouverture de la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le Premier ministre chinois Li Keqiang a présenté le bilan de l'année passée et fixé les perspectives pour 2021.
Dans son discours en ouverture de la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le Premier ministre chinois Li Keqiang a présenté le bilan de l'année passée et fixé les perspectives pour 2021. REUTERS - CARLOS GARCIA RAWLINS

La réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP) s'est ouverte, ce vendredi 5 mars, à Pékin comme chaque année par le traditionnel discours du Premier ministre chinois, avec un objectif de croissance fixé à 6% pour 2021, un budget militaire à 6,8%, le relèvement de l'âge du départ en retraite et un message à destination de Hong Kong et Taïwan. 

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

« Réaliser le rêve du grand renouveau de la nation chinoise ». Les mots du Premier ministre, Li Keqiang, en conclusion d’une heure de discours ont été applaudis par l'hémicycle, débout sous l’étoile rouge du grand Palais du peuple où les habits et les coiffes chamarrées des représentants des minorités ethniques tranchent dans l’océan de costumes sombres.

Objectif de croissance 

Un message de force et de confiance à destination de l’élite rouge et de l’opinion chinoise dans une économie rétablie après avoir été, la première, confrontée à l’épidémie de Covid-19. Car malgré les incertitudes liées à la pandémie de coronavirus dans le monde, la Chine se fixe un objectif de croissance à 6%. Conforme aux prévisions de croissance des provinces chinoises, mais 2% en deçà de ce que prévoyaient les analystes. « Cette année, le développement de la Chine se trouvera confronté à de nombreux risques », a reconnu le Premier ministre devant près de 3 000 délégués masqués, « mais les fondamentaux économiques continuent de justifier notre optimisme ».

Un optimisme prudent donc, la Chine a dépensé 400 milliards de yuans, près de 52 milliards d’euros dans la lutte contre l’épidémie avec des mesures de confinement sans précédent. L'économie chinoise est repartie, mais la lutte contre le coronavirus n’est pas terminée, a insisté Li Keqiang. « Marges raisonnables », « développement sain et durable »… Le gouvernement central invite les pouvoirs locaux à retenir les chevaux de la dépense publique.

L’an dernier, la Chine avait creusé son déficit à 3,6% du PIB. Ce ratio sera ramené à 3,2%, en continuant de favoriser des programmes ciblés de soutien aux petites et moyennes entreprise (dégrèvements fiscaux, aide à l’innovation.) Soutien également à l’embauche : 11 millions d’emplois doivent être créés cette année, avec un taux de chômage estimé à 5,5%, soit le même nombre qu’avant le début de la pandémie.

Contrôle renforcé des élections à Hong Kong

Un message a également été prononcé à l’intention de Hong Kong. « Nous continuerons d’appliquer pleinement et avec précision la politique "un pays deux systèmes" », déclare d'abord le Premier ministre chinois, avant d’ajouter : « Nous améliorerons la Constitution et empêcherons les forces extérieures d’interférer à Hong Kong. »

Des propos qui font échos a ceux du vice-président de l’Assemblée nationale populaire, Wang Chen, favorable à une réforme du Code électoral de la région administrative spéciale et à un contrôle renforcé des candidats aux élections. Le porte-parole du Congrès national du peuple, Zhang Yesui, ayant affirmé vendredi que le système électoral de Hong Kong devrait être « amélioré » afin de réaliser le souhait du président Xi Jinping qui, en janvier dernier, indiquait vouloir que les « patriotes », autrement dit les délégués pro-Pékin, gouvernent Hong Kong.

Recul de l'âge de la retraite

Parmi les autres annonces devant les délégués du PCC réunis à Pékin, la Chine va relever progressivement l’âge du départ de la retraite, car elle n’a pas le choix, a laissé entendre Li Keqiang face au vieillissement de la population et à la pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs. Cette annonce entre dans le cadre du quatorzième plan quinquennal qui court jusqu’à 2025 ; elle est ainsi élevée au rang des priorités nationales après des années de débats.

L’âge légal de la retraite est aujourd’hui de 60 ans pour les hommes en Chine, 55 ans pour les femmes, voir 50 ans pour celles engagées dans des métiers physiques. Ce changement inquiète les réseaux sociaux. Selon le Bureau national des statistiques, plus de 18% des Chinois ont plus de 60 ans, alors que les seuils en vigueur ont été établis dans les années 50, lorsque l’espérance de vie était de 57 ans, 77 aujourd’hui et Pékin entend la porter à 79 ans d’ici à 2030. La mesure sera progressive selon le chef du gvt et accompagnera une « amélioration du taux de fertilité », qui laisse présager d’un probable aménagement de la politique des naissances.

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