La Chine préoccupée par la colère des manifestants birmans à son endroit

Les manifestations pro-démocratie se poursuivent ce lundi 15 mars en Birmanie.
Les manifestations pro-démocratie se poursuivent ce lundi 15 mars en Birmanie. AFP - STR

Les téléphones portables ne passent plus ce lundi 15 mars en Birmanie. Le réseau mobile a été coupé, seules certaines applications continuent de fonctionner via le wifi. Pékin a appelé ses ressortissants à la prudence après le saccage de dizaines d’usines chinoises dans le pays. Les autorités chinoises se disent « très préoccupées » et demandent la cessation des violences

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Les attaques des entreprises chinoises en Birmanie ont surtout été relayées sur les médias d’État anglophones, raconte le correspondant de RFI à Pékin, Stéphane Lagarde,  avec ce bilan : deux employés chinois blessés et 32 usines financées par la Chine saccagées dimanche 14 mars. La radiotélévision CGTN évoque des assaillants armés de barres de fer, de haches et de cocktails Molotov mettant le feu à l’entrée des sites et aux entrepôts. 

Pour le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, la situation est « très grave », « la Chine espère que la Birmanie prendra des mesures concrètes pour assurer la sécurité des ressortissants chinois », a fait savoir Zhao Lijian, tout en appelant ses concitoyens à « être sur leurs gardes » et les autorités birmanes à « traduire les auteurs (des dégradations) en justice. »

La diplomatie chinoise a répété également ce qu’elle avait affirmé devant l’ONU avant le week-end, la Chine appelle toutes les parties à la retenue et à résoudre leurs différends par le dialogue. Une absence de condamnation du coup d’État dénoncée par une partie des manifestants birmans.

Cinq manifestants ont été tués ce lundi 15 mars, 44 civils tués dimanche 14 mars, journée de répression la plus sanglante depuis le coup d'État militaire du 1er février. Au total, plus de 120 personnes sont décédées ces six dernières semaines, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Le blocage des réseaux de données mobiles a empêché la comparution en vidéoconférence de l'ex-dirigeante Aung San Suu Kyi prévue ce lundi 15 mars 2021. La lauréate du Prix Nobel, âgée 75 ans, comparaîtra le 24 mars.

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