Birmanie: de la peinture rouge pour dénoncer la dictature

Le 6 avril à Taunggyi, dans l'État de Shan en Birmanie.
Le 6 avril à Taunggyi, dans l'État de Shan en Birmanie. AFP - HANDOUT

Ce mardi 6 avril, les Birmans sont descendus dans les rues pour dénoncer la dictature avec de la peinture rouge. Il s’agissait de rappeler la répression sanglante de la junte qui en deux mois a tué des centaines de civils.

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Les manifestants ont voulu rappeler « le sang des martyrs tombés sous les balles » : dans l’État Karen, des jeunes ont répandu des traînées de peinture rouges sur la route, avant de rendre hommage aux victimes et de faire le salut à trois doigts en signe de résistance. À Rangoun, les manifestants ont lancé des chiffons imbibés de peinture rouge aux carrefours et laissé sur les abribus des empreintes de leurs mains et des messages comme « Ne tuez pas les civils pour un salaire aussi misérable que le prix de la nourriture pour chiens ».

Quelque 570 civils ont été tués par les forces de sécurité en deux mois, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques. Et comme on est sans nouvelles d’un bon nombre des 2 700 personnes arrêtées, le bilan pourrait être beaucoup plus lourd. Pour « déraciner la dictature militaire et restaurer la démocratie », les anciens députés de la LND d’Aung San Suu Kyi, qui ont formé un gouvernement de résistance, affirment avoir récolté près de 10 millions de dollars en ligne.

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Car de son côté, la communauté internationale, dont les protestataires demandent l’aide depuis des semaines, reste toujours aussi divisée : ce mardi, la Russie a répété son refus de sanctions qui selon Moscou pourraient entraîner « un conflit à grande échelle ». Moscou a confirmé vouloir poursuivre sa coopération militaire avec la Birmanie, c’est-à-dire, aujourd’hui, avec la junte.

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L'UE va imposer de nouvelles sanctions, annonce Le Drian

L'Union européenne va imposer de nouvelles sanctions contre la junte qui a pris le pouvoir le 1er février dernier en Birmanie, a déclaré ce mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « Nous allons rajouter des sanctions économiques au niveau des 27 contre les entités économiques liées a l'armée pour qu'elles puissent être en application très rapidement », a-t-il dit lors des questions au gouvernement.

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