Vaccination: la Corée du Sud invente la seringue qui garde la dose en trop

Une infirmière sud-coréenne remplit une seringue classique de vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, dans un centre de vaccination à Séoul, le 20 mars 2021.
Une infirmière sud-coréenne remplit une seringue classique de vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, dans un centre de vaccination à Séoul, le 20 mars 2021. AP - Jung Yeon-je

Il y a quelques mois, les laboratoires pharmaceutiques et certains États discutaient d’une éventuelle dose supplémentaire présente dans les flacons. En Corée du Sud, une seringue a été mise au point pour maximiser les capacités de ces flacons et ainsi récupérer une dose de plus. Le pays mise dessus pour donner un second élan à une campagne de vaccination assez peu réussie jusqu’ici.

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De notre correspondant à Séoul, 

Les nouvelles seringues sont conçues pour limiter le plus possible les pertes de sérum. Lorsque l’on appuie sur le piston au maximum, du liquide reste présent entre le piston et l’aiguille dans l’espace mort. Ce liquide s'appelle le volume résiduel.

Ces « K-Seringues », comme elles sont surnommées ironiquement pour moquer la tendance du gouvernement sud-coréen à accoler la lettre K devant chaque succès du pays, permettraient donc de diviser de moitié la perte de sérum. Elles sont prénommées LDS, « Low Dead Space » pour « faible espace mort ». 

Ont-elles permis d’augmenter le nombre de doses ? Lors de l’arrivée en février des premières doses de Pfizer/BioNTech, 58 500 personnes devaient être vaccinées, mais ils sont 60 830 à avoir pu en bénéficier. Ces seringues permettent donc de revoir à la hausse le nombre de doses prévues par flacon, de 10 à 12 pour AstraZeneca et de 6 à 7 pour Pfizer/BioNTech. Toutefois, par sécurité, les recommandations du gouvernement n’ont pas officiellement évolué, car cela dépend également de l’expérience de la personne qui effectue l’injection. 

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K-Seringues contre vaccins

Les autorités sud-coréennes concentrent leur communication autour de cette innovation. En témoigne la visite présidentielle de l’entreprise PoongLim Pharmatec, qui produit ces seringues. Grâce à la participation du tout-puissant conglomérat Samsung, les capacités de production sont passées de 4 millions de seringues mensuelles à 10 millions désormais et une nouvelle usine doit ouvrir prochainement. 

Le gouvernement sud-coréen a déjà prévu d’exporter ce savoir-faire. En effet, la hausse de sa production permet désormais largement de suivre le rythme actuel de la campagne de vaccination. 120 000 seringues seront ainsi distribuées gratuitement mais l’objectif est d’en exporter 260 millions dans 20 pays différents. Le Japon a récemment demandé environ 80 millions d’entre elles.

Mais le gouvernement démocrate compte aussi utiliser cette nouvelle arme sanitaire pour obtenir plus de vaccins. Les commandes ont été passées sur le tard et l’objectif d’une immunité collective à l’horizon de l’automne prochain semble de plus en plus hypothétique. D’après des médias locaux, le gouvernement souhaiterait utiliser ces seringues comme une éventuelle monnaie d’échange contre des doses de vaccins. 

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