Birmanie: les députés déchus annoncent la formation d'un «gouvernement d'unité nationale»

Manifestants birmans anti-pustch avec des banderoles soutenant le CRPH, comité composé de parlementaires déchus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, à Mandalay, le 6 mars 2021.
Manifestants birmans anti-pustch avec des banderoles soutenant le CRPH, comité composé de parlementaires déchus de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, à Mandalay, le 6 mars 2021. AP

Le putsch du 1er février en Birmanie a provoqué une mobilisation sans précédent de l'ensemble de la population contre les militaires. Jamais auparavant le pays n’avait affiché une unité aussi large de tous les groupes ethniques et religieux pour bâtir une nation fédérale. Ce vendredi 16 avril, le CRPH, le comité représentatif du Parlement birman, sorte de gouvernement de résistance formé après le coup d’État militaire, a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement d’unité nationale. Une journée historique pour les opposants à la junte.

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La date n’a pas été choisie au hasard. Le CRPH, le gouvernement intérimaire clandestin, un cabinet composé principalement de membres de la Ligue nationale pour la démocratie, a choisi d’annoncer la composition du nouveau gouvernement d’unité nationale le dernier jour de la fête de l’eau et la veille du nouvel an birman. « Nous sommes fiers d’annoncer l’aube d’une nouvelle ère pour le peuple birman », a tweeté le Dr Sasa, l’envoyé spécial auprès de l’ONU nommé par le comité parlementaire anti-armée, et d’ajouter que la Birmanie s’était doté « pour la première fois de son histoire d’un gouvernement d’unité ».

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C'est peut-être la première fois dans la Birmanie moderne qu'on a un projet pan-ethnique...

Olivier Guillard, directeur de l’information chez Crisis 24 et spécialiste de la Birmanie

En dehors du président Win Myint et de la conseillère d’État Aung San Suu Kyi, on y retrouve au poste de vice-président et de Premier ministre des membres de la minorité Kachin et Karen, ainsi qu’une très jeune militante, leader de la contestation Ei Thinzar Maung, qui occupera la fonction de ministre adjointe au ministère des Femmes, de la Jeunesse et de l’Enfance. Reste à savoir si ce nouveau gouvernement obtiendra le soutien et sera reconnu comme légitime par les Nations unies et l’ASEAN.

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Reportage : en pleine pandémie, les soignants refusent d’aller travailler

En Birmanie, le mouvement de désobéissance civile se poursuit, avec un grand nombre de secteurs paralysés suite à des grèves massives. Les médecins et infirmiers sont en première ligne dans le mouvement. Depuis des semaines, et en pleine pandémie de coronavirus, ils refusent d’aller travailler pour défendre la démocratie.

Cette semaine, les militaires ont à nouveau tiré à balles réelles sur des soignants qui manifestaient pacifiquement dans plusieurs villes birmanes. Jérôme Sales de Gauzy est chirurgien orthopédiste à Toulouse et il se rendait régulièrement en Birmanie depuis quinze ans pour former ses confrères sur place. Il est sans nouvelles de certains d’entre eux depuis leur arrestation...

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