Climat: la Chine tiendra parole, promet Xi Jinping à Angela Merkel et Emmanuel Macron

Le président chinois Xi Jinping lors de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, le 11 mars à Pékin.
Le président chinois Xi Jinping lors de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, le 11 mars à Pékin. AP - Sam McNeil

La Chine maintiendra ses engagements sur la lutte contre le réchauffement climatique. Voilà ce qu’a répété le président chinois Xi Jinping ce vendredi soir 16 avril à la chancelière allemande et au président français. Coup de fil à trois à l’initiative de l’Élysée à quelques jours du sommet de la terre organisé cette année par les États-Unis.

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Avec notre notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

La longue marche des engagements carbone de la Chine sera probablement plus longue et plus difficile encore que celle des soldats de Mao. Mais Pékin « tient toujours parole » et s’est engagé à bâtir une économie « verte à faible émission de carbone ».

Ces propos du président chinois à Emmanuel Macron et Angela Merkel ne sont pas nouveaux. Ils sont rappelés à chaque fois qu’il est interpellé sur la question du climat, avec des éléments concrets : engagement du chef de l’État l’an dernier à parvenir au « zéro carbone » à l’horizon 2060, construction d’une nouvelle capitale administrative verte et high tech dans une Chine déjà championne des barrages hydroélectriques, des éoliennes et des panneaux solaires. Mais aussi, et cela est moins rappelé, dans un pays où les mégapoles chinoises sont encore largement dépendantes aux centrales à charbon qui ont été relancées l'an dernier, et dont l’industrie continue de financer et d’exporter sa technologie, notamment vers l’Afrique.

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Pas question d'accélérer le mouvement

Pékin va envoyer « un message positif » lors du sommet de la terre, a ainsi confié le vice-ministre chinois des Affaires étrangères à l’agence Associated Press. Mais pas question d’accélérer le mouvement, comme le souhaitent notamment les Européens. Pas de nouvelles propositions qui, selon le pouvoir chinois, ne correspondraient pas aux réalités et aux besoins énergétiques du pays du milliard et demi.

A ce sujet, Xi Jinping a fait savoir aux dirigeants français et allemand que « la lutte contre le changement climatique est une entreprise partagée par toute l’humanité et qu’elle ne devait pas être utilisée comme monnaie d’échange à des fins géopolitiques ou comme prétexte pour attaquer d’autres pays ou d’ériger des barrières commerciales ». Ce sont ici les mêmes mots ou presque que ceux employés par la diplomatie chinoise pour la lutte contre le Covid-19 et l’enquête sur les origines de la pandémie, et un avertissement à peine voilé à l’attention de Washington.    

Lors de ce coup de téléphone avec Paris et Berlin, le président chinois a fait savoir également que son pays avait accepté l’amendement de Kigali au protocole de Montréal et de renforcer le contrôle des gaz à effet de serre sans CO2, les HFC ou hydrofluocarbures utilisés pour les frigos ou les climatiseurs.

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