Tensions au Pakistan: plusieurs appels à la grève de mouvements religieux, les policiers relâchés

Pakistan: l'arrestation du chef du parti religieux TLP a été suivie de violentes manifestations comme ici à Lahore, le 18 avril 2021.
Pakistan: l'arrestation du chef du parti religieux TLP a été suivie de violentes manifestations comme ici à Lahore, le 18 avril 2021. AP - K.M. Chaudary

Le ton monte au Pakistan où les tensions s’accentuent après des jours de manifestations anti-France pour réclamer le départ de l’ambassadeur de France. Une exigence d’une organisation religieuse radicale après les propos d’Emmanuel Macron, qui a défendu le droit à la caricature en octobre dernier après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty. Dans la ville de Lahore où les manifestants sont les plus virulents et les plus mobilisés, un sit-in se poursuit devant le QG de l’organisation, qui a reçu le soutien d’autre partis politiques religieux.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali

Plusieurs appels à une grève nationale pour ce lundi 19 avril ont été lancés au cours des dernières heures. Une grève pour dénoncer la gestion du gouvernement de la crise actuelle avec le TLP, le Tehreek-e-Labbaik.

Parmi ceux qui appellent à la grève figure le mufti Muneebur Rehman, l’un des religieux les plus respectés du pays. Il est une grande figure Barelvi, un courant sunnite de l’islam auquel appartient le TLP à l’origine des manifestations anti-France. Autre personnalité qui appelle aussi à la grève : le chef du JUI-F, un parti politique religieux.

La contestation contre le gouvernement a donc élargi ses rangs. 

Le mufti Rehman réclame la libération du chef du TLP et de ses militants arrêtés la semaine dernière ainsi que l’annulation de l’interdiction de l’organisation religieuse extrémiste par les autorités. Celle-ci est à l’origine des manifestations anti-France très violentes qui ont dégénéré et dans lesquelles des policiers et des manifestants ont été tués et blessés.

Les policiers relâchés dans la nuit

Un nouveau cap a été franchi hier lorsque des militants du TLP ont pris en otage à Lahore, dans l’est du pays, 11 policiers qu’ils ont fini par relâcher la nuit dernière à l’issue de négociations avec les autorités locales. C'est une information de la presse locale ce lundi matin alors que le ministère de l’Information ainsi que le chef de la police du Pundjab démentaient hier soir toute prise d’otages.

L’accès à internet sur les téléphones portables est coupé dans la ville de Lahore où les militants du TLP poursuivent leur sit-in devant une mosquée qui leur sert de QG.

La vigilance est de mise pour la communauté française au vu des tensions qui s’accentuent. L’ambassade de France a recommandé, la semaine dernière, à ses ressortissants de quitter temporairement le territoire. Quinze diplomates français ont été rappelés en France depuis.

À écouter aussi : J-L Racine: «Le Pakistan essaie de mettre de l'ordre dans ses affaires internes»

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