Climat: Xi Jinping participera au sommet virtuel organisé par Joe Biden

Le président chinois Xi Jinping sur un écran géant lors de l'ouverture du Boao Forum for Asia, le 20 avril.
Le président chinois Xi Jinping sur un écran géant lors de l'ouverture du Boao Forum for Asia, le 20 avril. © REUTERS - Kevin Ya

Pour la première fois depuis la prise de fonction de Joe Biden, le président américain va échanger avec son homologue chinois. Xi Jinping a confirmé sa participation au Sommet de la Terre qui commence demain jeudi et marque le retour des États-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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Pékin parlait ce week-end d’un « message positif » porté par la Chine au Sommet de la Terre. Cette fois, la diplomatie chinoise annonce un discours « important » de la part de Xi Jinping sur ce qui constitue désormais le seul point de coopération dans la relation sino-américaine, à savoir la lutte contre le réchauffement climatique. « Important », « positif », on verra ce que le président chinois dira sur l’écran géant de cette rencontre virtuelle prévue jeudi 22 et 23 avril.

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Les optimistes ont noté les promesses faites lors des discussions entre John Kerry et Xie Zhenhua la semaine dernière. Les représentants climat de Washington et Pékin s’étant mis d’accord sur des actions concrètes à mener dans les « années 2020 ». Il faut dire que les deux premières puissances ont beaucoup à se faire pardonner en la matière, puisque les États-Unis comme la Chine sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde, rappelle notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde.

Et puis il y a les sceptiques, ceux qui doutent ou en tout cas n’espèrent pas d’avancées majeures du côté de Pékin lors du sommet. L’effort est d’abord attendu de la Maison Blanche par des diplomates chinois qui comparent ce retour des États-Unis dans l’accord de Paris à celui d’un « écolier retournant en classe » et ont prévenu récemment que la Chine continuera d’aller au rythme fixé par Xi Jinping en septembre, à savoir un pic des émissions en 2030 et la neutralité carbone en 2060.

L'UE parvient aussi à un accord

De leur côté, eurodéputés et États de l'UE se sont mis d'accord mercredi 21 avril pour adopter l'objectif d'une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre de l'UE d'ici à 2030, par rapport au niveau de 1990. C'est ce qu'ont annoncé la Commission européenne et des parlementaires. Cet objectif faisait l'objet d'âpres négociations entre d'une part les dirigeants des 27, qui s'étaient entendus en novembre sur une réduction de 55%, et d'autre part le Parlement européen, qui réclamait une baisse d'« au moins 60% ».

Le compromis de ce mercredi reflète en partie ces tiraillements. C’est un objectif global qui a été fixé et non pays par pays pour ne pas pénaliser ceux qui, comme la Pologne, auront le plus de chemin à parcourir pour réduire les émissions.  L’objectif actuel de 40% de réduction est remplacé par une réduction de près de 58% des émissions de CO2 d’ici 2030 par rapports aux niveaux de 1990.

Il y aura près de 53% de réduction nette et les 5% restants seront obtenus par le biais de ce qui est absorbé par les puits de carbone comme les forêts. La neutralité carbone en 2050 et des émissions négatives par après seront aussi gravées dans le marbre. Pour y parvenir, cinquante lois européennes, de la production industrielle à l’agriculture en passant par le recyclage ou les pesticides vont devoir être modifiées d’ici juin, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet.

Cet accord sur un objectif de l'UE, qui sera formellement intégré dans une « loi climat » en préparation, intervient aussi à la veille d'un sommet sur le climat initié par le président américain Joe Biden, lors duquel Washington doit justement dévoiler son propre objectif révisé pour 2030.

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