Corée du Sud: d'anciennes «femmes de réconforts» déboutées de leur plainte contre le Japon

Statue symbolisant les victimes d'abus sexuelles en Corée du Sud pendant la Seconde Guerre mondiale, devant l'ambassade du Japon à Séoul.
Statue symbolisant les victimes d'abus sexuelles en Corée du Sud pendant la Seconde Guerre mondiale, devant l'ambassade du Japon à Séoul. Reuters

C’est un revirement de situation dans l’épineux dossier des près de 200 000 esclaves sexuelles sud-coréennes durant la colonisation menée par le Japon. Alors qu’en janvier dernier, une cour de justice de Séoul avait condamné l’État japonais à verser l’équivalent de 75 000 euros à une douzaine de plaignantes, cette même cour a rejeté la demande similaire d’une vingtaine d’autres victimes ce mercredi 21 avril.

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Avec notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca

Plus de trois mois après avoir obtenu une victoire symbolique, les victimes d’esclavage sexuel sous l’occupation japonaise et leur famille ont subi un revers important. Le tribunal du district central de Séoul a rejeté ce mercredi 21 avril la demande de dédommagements de la part d’une vingtaine de celles qui sont appelés par euphémisme « femmes de réconforts ».

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Invoquant l’immunité souveraine du Japon, le juge a considéré qu’il était impossible de condamner un État dans la juridiction d’un autre pays. Une interprétation qui diffère de celle du même tribunal, mais de juges différents, dans un autre dossier en janvier dernier. Tokyo avait été condamné à indemniser les victimes, car la cour jugeait que les agissements nippons étaient des crimes contre l’humanité, ce qui permettait d’outrepasser le concept d’immunité souveraine.

Le Japon refuse de payer ces dédommagements car il estime que l’affaire est déjà réglée depuis les accords entre les deux pays en 1965 puis en 2015. Mais à son arrivée au pouvoir le président sud-coréen Moon Jae-in avait rejeté l’accord signé deux ans plus tôt le jugeant défavorables aux victimes, relançant un dossier de plus de 70 ans qui détériore les relations entre les deux voisins.

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