Pakistan: l’Assemblée repousse le débat sur l’expulsion de l'ambassadeur de France

Le Parlement pakistanais, à lslamabad. Les députés devraient voter la motion sur l'expulsion de l'ambassadeur de France vendredi 23 avril.
Le Parlement pakistanais, à lslamabad. Les députés devraient voter la motion sur l'expulsion de l'ambassadeur de France vendredi 23 avril. © AFP

L’Assemblée nationale pakistanaise a repoussé jusqu'à ce vendredi le débat sur l’expulsion de l'ambassadeur de France. Une session extraordinaire s’est tenue mardi 20 avril à la demande du gouvernement pour apaiser le parti extrémiste Tehreek-e-Labbaik (TLP) qui est à l'origine de violentes manifestations anti-France depuis qu'Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression en octobre dernier après le meurtre de l'enseignant Samuel Paty.

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Avec notre correspondante à IslamabadSonia Ghezali

Lors de la session, le président de l'Assemblée nationale pakistanaise a repoussé une motion d'un député de la majorité sur l'expulsion, estimant qu'elle devrait plutôt être présentée collectivement par le gouvernement et l'opposition. L’ambiance a été tendue dès le départ dans l’hémicycle. L’hymne national s’achève à peine que des membres des partis d’opposition scandent : « Longue vie au prophète ».

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Le président du Parlement rappelle la condamnation par le Pakistan en 2015 des caricatures de Charlie Hebdo avant d’en venir au contenu de la motion qui porte sur l’expulsion de l’ambassadeur de France. Un membre du PTI (Pakistan Tehreek-e-Insaf, au pouvoir), Amjid Ali Khan, se lève et prend le micro. « Je voudrais qu'un comité spécial soit créé pour cette question car c'est un sujet très sensible », dit-il.

La réaction est vive sur les bancs de l’opposition, à savoir le PML-N de l’ancien Premier ministre, Nawaz Sharif, en tête avec le JUIF, le parti religieux qui soutient le TLP à l’origine de le demande d’expulsion de l’ambassadeur de France. Le président intervient. « Maintenant, je soumets la motion au parlement », dit-il.

L’opposition prend à son tour le micro. « Nous ferons nos remarques sur cette question et nous ferons pression ensuite sur cette chambre pour qu'un vote unanime ait lieu sur cette question par ce Parlement. Cette motion doit être adoptée aujourd'hui. La chambre entière devrait être le comité. Il n'y a pas besoin d'un comité spécial pour trancher sur cette question », lance Shahid Khaqan Abbasi, ex-Premier ministre sous l’étiquette du PML-N (Ligue musulmane du Pakistan).

Néanmoins, la séance ne s’achève pas sur un vote mais sur un report. Le Parlement ne tranchera pas sur l’expulsion de l’ambassadeur de France. Le débat est repoussé à vendredi 23 avril.

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