Covid-19 au Cambodge: les journalistes interdits de se rendre dans les «zones rouges»

Des membres de l'armée cambodgienne vaccinent la population à Phnom Penh, le 1er mai 2021.
Des membres de l'armée cambodgienne vaccinent la population à Phnom Penh, le 1er mai 2021. REUTERS - CINDY LIU

Au Cambodge, les autorités ont ordonné aux journalistes de ne plus s’exprimer à partir des « zones rouges » liées au coronavirus. C’est un pas de plus vers une censure forte dans le pays où il est déjà compliqué d’exercer ce métier, et cela intervient quelques jours après un rapport de l’ONG Amnesty International critiquant les mesures imposées dans le pays pour lutter contre le coronavirus.

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Depuis le mois de février, le Cambodge fait face à sa plus forte hausse des cas de coronavirus, raison pour laquelle le gouvernement a mis en place des mesures très strictes. Il a entre autres complètement barricadé les zones considérées à risque où vivent plus de 300 000 personnes réunies dans quatre villes, dont la capitale, Phnom Penh.

Dans ces zones rouges, les gens n’ont pas le droit de sortir de chez eux, même pour aller faire leurs courses et se procurer le strict minimum pour survivre, les marchés ont été fermés et les vendeurs ambulants n’ont plus le droit de circuler.

Aucune aide du gouvernement

Les habitants de ces quartiers ont décrit leurs conditions de vie sur les réseaux sociaux, expliquant qu’ils étaient en train de mourir de faim sans l’aide qu’avait pourtant promise le gouvernement. Le ministère de l’Information a dans la foulée interdit aux journalistes de se rendre ne serait-ce que près de ces zones - ou encore de courir après les ambulances pour obtenir des témoignages de la population. 

Une initiative gouvernementale de distribution de fonds destinés aux foyers les plus pauvres a été arrêtée il y a deux semaines, et les ONG dénoncent une distribution alimentaire aléatoire et insuffisante depuis le début des confinements stricts imposés le mois dernier au Cambodge.

Les autorités se sont servies de la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour accentuer la répression de la liberté d’expression, visant tout particulièrement les journalistes, les défenseurs des droits humains et les personnes critiques à l’égard du gouvernement.

À écouter aussi : Cambodge: à Phnom Penh, le confinement exacerbe la précarité

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