Un ex-Marine risque la prison pour l'attaque de l'ambassade nord-coréenne en Espagne

L'ambassade nord-coréenne à Madrid avait été attaquée en février 2019 par un groupe dont faisait partie l'ancien Marine américain Christopher Ahn.
L'ambassade nord-coréenne à Madrid avait été attaquée en février 2019 par un groupe dont faisait partie l'ancien Marine américain Christopher Ahn. © Manu Fernandez/AP

Un ancien Marine américain est sous surveillance judiciaire pour avoir aidé des Nord-Coréens à quitter leur pays d’origine. Christopher Ahn, descendant de Coréens, risque l’extradition vers l’Espagne où il encourt une peine d’une vingtaine d’années de prison. Ce repris de justice pas comme les autres s’est exprimé récemment dans différents médias.

Publicité

Avec notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca

Sa vie bascule en 2009 lors de sa rencontre avec un certain Adrian Hong, militant politique et créateur de l’association pour la liberté en Corée du Nord et puis du groupe Free Joseon (« Joseon libre », en français), du nom d’une dynastie coréenne. Une association politique dont l’objectif est de prendre le pouvoir au régime des Kim. Ces militants, principalement des transfuges de Corée du Nord, sont impliqués dans la défection de nombreux citoyens nord-coréens.

Christopher Ahn, l’ancien Marine a ainsi participé au départ du neveu de Kim Jong-un, Kim Han-sol. Le fils du frère de Kim Jong-un ne se sentait plus en sécurité en Asie après l’assassinat de son père, Kim Jong-nam, à l’aéroport de Kuala Lumpur en 2017. À l’heure actuelle, on ne sait pas exactement où se trouve Kim Han-sol depuis son départ de Taipei vers Amsterdam.

L'attaque de l'ambassade de Corée du Nord en Espagne

Mais c’est surtout pour la mystérieuse attaque de l’ambassade de Corée du Nord en Espagne que Christopher Ahn connaît ses ennuis judiciaires. En février 2019, quelques jours avant un sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, neufs assaillants entrent dans le bâtiment de la capitale espagnole. Parmi eux, Christopher Ahn.

► À lire aussi : Entretien - Photographie: «UnPerson» ou le départ de la Corée du Nord

Certains sont équipés d’armes factices, de couteaux, de pistolet à air comprimé et de barres en métal. Ils ligotent huit diplomates, mais une employée nord-coréenne parvient à prévenir la police. Les hommes repartent avec les voitures de l’ambassade et du matériel informatique que certains, dont le sulfureux Adrien Hong, rapporteront ensuite aux États-Unis et transmettront au FBI.

Christopher Ahn assure, de son côté, que cette attaque était un coup monté qui visait à permettre aux diplomates de faire défection sans mettre en danger leurs familles restées en Corée du Nord. Selon El Pais, parmi les participants de cette attaque préparée de manière martiale, deux auraient des liens avec les services secrets américains.

Mandat d'arrêt émis par l'Espagne

L’Espagne a émis un mandat d’arrêt, car selon la loi internationale, il était de sa responsabilité de sécuriser l’ambassade. Adrian Hong, lui, n’a pas été attrapé, mais il serait désormais recherché par la Corée du Nord, l’Espagne et les États-Unis. Mais Christopher Ahn a bien été arrêté en 2019 et, après trois mois de prison, il a été libéré sous caution avec un bracelet électronique qu’il porte encore.

Le département américain de la Justice étudie la possibilité d’extradition vers l’Espagne où il risque 21 ans de prison pour participation à une organisation criminelle. Il affirme également craindre pour sa vie s’il est extradé, car l’Espagne et la Corée du Nord ont des liens diplomatiques et il pourrait être, selon lui, la cible de tueurs nord-coréens. À voir si les États-Unis souhaitent poursuivre avec cette procédure.

► À lire aussi : Un Nord-Coréen réussit à passer au Sud à la nage

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail