Covid-19 en Inde: la situation sanitaire pousse au trafic des places dans les hôpitaux

L'entrée des urgences de l’hôpital, Holy Family, de New Delhi. Le 1er mai 2021. (Illustration).
L'entrée des urgences de l’hôpital, Holy Family, de New Delhi. Le 1er mai 2021. (Illustration). REUTERS - DANISH SIDDIQUI

En Inde, la pression est telle sur les hôpitaux que les places en lit deviennent un trafic. Dans la ville de Bangalore, plusieurs agents municipaux ont été arrêtés pour avoir vendu des lits qu’ils devaient attribuer gratuitement à des patients. Un député du parti hindou BJP au pouvoir a renforcé le scandale en accusant les musulmans d'être responsables.

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Avec notre correspondant à New Delhi, Côme Bastin

L’agglomération de Bangalore compte aujourd’hui près de 350 000 cas de coronavirus, bien plus que les 100 000 de la capitale New Delhi ou les 50 000 de Bombay. Pour gérer la saturation des hôpitaux, la municipalité a lancé des cellules de crise chargées de répartir les lits disponibles.

Cependant cette ligne d’urgence gratuite a été détournée par des employés pour racketter des familles désespérées. Jusqu'à 1 300 euros, une fortune en Inde, ont été déboursés par certains pour trouver une place en hôpital.

Polémique

La ville est sous le choc, d’autant que l'enquête a créé la polémique, raconte Prithvi Rehdy, membre du parti d’opposition AAP. « Les lits n’étaient pas attribués en fonction de l'état du patient. Ces employés en profitaient pour demander de l’argent ou privilégiaient ceux qui avaient des connexions politiques. La municipalité a ouvert une enquête. Mais sur 140 employés qui travaillaient au sud de la ville, un député du parti BJP en a profité pour donner uniquement le nom des musulmans. Il a déclaré que ce n’était pas une cellule de crise mais un foyer islamique ».

Le député en question, Tejasvi Surya, est revenu sur ses déclarations et quatre personnes ont été arrêtées ce vendredi. Ces extorsions de fond en période de crise ne sont malheureusement pas isolées. A New Delhi, un docteur a été interpellé pour avoir facturé un déplacement en ambulance plus de 1 300 euros.

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