Corée du Sud: la justice autorise la vente des mémoires de Kim Il-sung, père de la Corée du Nord

Le portrait de Kim Il-sung, premier dirigeant et fondateur de la Corée du Nord, dans l'un des huit volumes de ses mémoires republiées à Séoul en avril 2021, malgré l'interdiction depuis 1994.
Le portrait de Kim Il-sung, premier dirigeant et fondateur de la Corée du Nord, dans l'un des huit volumes de ses mémoires republiées à Séoul en avril 2021, malgré l'interdiction depuis 1994. AFP - JUNG YEON-JE

La justice sud-coréenne autorise finalement la publication des mémoires de Kim Il-sung, père fondateur de la Corée du Nord et grand-père de l’actuel dirigeant du pays. Cette décision intervient alors que pour la première fois depuis les années 1990, l’ouvrage intitulé À travers le siècle avait été vendu dans le Sud avant d’être retiré des rayons face à la polémique. 

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Avec notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca

Plusieurs milliers de pages divisées en 8 volumes qui ne cessent de faire couler de l’encre en Corée du Sud. Écrites en 1992, deux ans avant sa mort, les mémoires de Kim Il-sung sont une référence importante en Corée du Nord. Le premier dirigeant du pays y raconte de manière très romancée son enfance et son combat contre l’occupant japonais.

Considéré comme de la propagande, le texte est interdit en Corée du Sud. En 1994 un éditeur avait été arrêté pour avoir imprimé l’ouvrage. La Cour suprême a déclaré sa possession illégale en 2011. Lorsque le 1er avril dernier un petit éditeur rend le texte disponible en premier sans autorisation gouvernementale, la controverse débute immédiatement.

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« Glamour »

Assez vite, Kyobo, le principal vendeur de livres du pays décide de retirer les mémoires en vente physique et sur internet. Des associations de droits de l’homme ont souhaité que le livre soit censuré sur toutes les plateformes, estimant qu'il rendait la famille Kim « glamour » et ne respectait pas la Constitution.

Une interprétation qui diffère du tribunal de Séoul qui a donc rejeté la demande. Mais les plaignants ont fait appel du jugement. L’un des avocats a précisé que les familles des Sud-Coréens kidnappés par le Nord durant la guerre de Corée pourraient, elles aussi, porter plainte.

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