Covid-19: les méthodes douteuses du parti de Narendra Modi pour redorer son blason

Les proches d'un malade du Covid-19 se disputent avec un policier pour une admission au service des urgences de l'hôpital Holy Family , le 1er mai 2021.
Les proches d'un malade du Covid-19 se disputent avec un policier pour une admission au service des urgences de l'hôpital Holy Family , le 1er mai 2021. REUTERS - DANISH SIDDIQUI

Depuis un mois, les images venant d’Inde montrent un système hospitalier submergé par la propagation du coronavirus et un État incapable de fournir assez d’oxygène aux patients. Les médias étrangers ont pointé du doigt le manque de préparation du gouvernement à cette deuxième vague. Les autorités contre-attaquent à présent.

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La presse étrangère a pointé du doigt la responsabilité du gouvernement de Narendra Modi dans la crise du coronavirus. Alors que le nombre de cas explosaient, le Premier ministre indien menait par exemple d’énormes meeting électoraux et laissait se dérouler un gigantesque pèlerinage hindou

Les éditoriaux étrangers ont fusé, l’accusant d’arrogance, de vanité, de populisme et d’hyper nationalisme. Le gouvernement indien n’a bien sûr pas apprécié, surtout quand ces articles ont été publiés dans les médias anglophones que sa population lit sur internet. L’ambassade indienne en Australie s’est ainsi plainte formellement auprès de la rédaction d’un journal de l’île, pour un de ces articles

Les réseaux sociaux à la rescousse

Un très long article a été récemment publié en ligne, cette fois, très élogieux envers le Premier ministre. Il y est décrit comme un bourreau de travail, rejetant la responsabilité de cette crise sur les gouvernements précédents. L’auteur est en fait un membre du parti au pouvoir. L’article a été publié dans un journal inconnu, appelé « The Daily Guardian ». Le nom, pour les Indiens, fait tout de suite penser au Guardian britannique qui a été très critique envers le gouvernement.

Le parti du BJP, au pouvoir, a joué sur cette confusion et a utilisé cet article comme outil de propagande sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs de Twitter, éduqués, ont rapidement révélé que ce journal était indien, et non étranger. Mais la vraie cible est WhatsApp : quand un proche vous l’envoie, vous faîtes moins attention et avez l’impression que le Premier ministre est adulé par la presse étrangère. Et le coup est joué.   

Faux journalisme

Des hommes d’affaires indiens ou d’origine indienne, favorables au gouvernement créent régulièrement des médias aux noms étrangers et respectables, pour donner l’impression que Narendra Modi est adoré à l’étranger : un site d’information confidentiel, appelé « British Herald », l’a ainsi déclaré le leader le plus puissant du monde, selon un sondage qu’il aurait mené en ligne.

Un autre site, appelé « Australia Today », s’efforce ces jours-ci de démonter les critiques du gouvernement concernant la crise sanitaire. Et de manière plus large et organisée, de faux médias, comme « Geneva Times », sont créés depuis quelques années en Europe pour soutenir la politique étrangère du gouvernement indien. 

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