Birmanie: la junte veut dissoudre le parti d'Aung San Suu Kyi

La cheffe de la LND, Aung Saan Suy Kyi, est en détention depuis plusieurs mois.
La cheffe de la LND, Aung Saan Suy Kyi, est en détention depuis plusieurs mois. Sai Aung Main AFP/File

La commission électorale nommée par la junte en Birmanie a annoncé vendredi vouloir dissoudre la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, qu'elle accuse de fraudes lors des dernières législatives en novembre dernier.

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Bien que la commission électorale de l’époque ait rejeté ces accusations, la junte au pouvoir en Birmanie assure que le LND a fraudé aux dernières élections et annonce donc vouloir dissoudre le parti. Elle souhaite également poursuivre les personnes ayant commis les fraudes qui sont « considérées comme des traîtres », a déclaré Thein Soe, le président de la Commission électorale de l'Union (UEC).

« Personne n'a le pouvoir de dissoudre la LND, tant que la population birmane aura confiance en ce parti et ses dirigeants. La junte pourra continuer à fermer les bureaux de la LND mais elle ne réussira jamais à conquérir les cœurs des gens », a réagi une députée de la LND qui a souhaité gardé l'anonymat au micro de Jelena Tomic du service international de RFI.

« Nous réussirons notre révolution »

La décision a été prise lors d’une réunion avec les partis politiques, boycottés par plusieurs d’entre eux, dont la LND, alors qu’une forte mobilisation contre le coup d’État militaire par la junte secoue le pays. « Je suis convaincue que nous réussirons notre révolution. Soit nous obtiendrons la démocratie, soit ce sera la guerre et nous n'abandonnerons jamais, que nous ayons le soutien de la communauté internationale ou pas », rajoute cette députée.

Depuis le coup d’État, plus de 800 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations, selon l'Association d'aide aux prisonniers politiques (AAPP). Et la cheffe du LND, Aung San Suu Kyi est toujours en détention. « Dans notre pays, chaque citoyen est menacé, pas uniquement les membres de la LND ou les responsables politiques. Et j'estime que personne ne peut vivre dans ces conditions inhumaines. Nous continuerons à nous battre pour mettre en œuvre ce en quoi la population croit et nous avons son soutien », conclut l’élue.

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