Le président Xi Jinping souhaite améliorer l’image de la Chine

Le président chinois Xi JInping.
Le président chinois Xi JInping. © AFP

La Chine doit « élargir son cercle d’amis », c’est le président chinois qui le dit. Alors que le président américain Joe Biden entend sortir de « l’isolationnisme Trumpien », Xi Jinping a demandé aux dirigeants communistes de raconter une autre Chine « digne de confiance, aimable et respectable ».

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Ce n’est pas la première fois que Xi Jinping appelle les médias d’état à montrer une image positive de la Chine. Ce n’est pas non plus la première fois que les cadres du parti et les « experts de haut niveau » sont invités à truster les sommets, les forums et les conférences internationales pour tenter de remporter la bataille du narratif notamment avec les États-Unis. Sauf qu’ici, l’appel formulé lundi dans le cadre du politburo chinois, sonne comme un aveu, ou en tout cas comme un constat d’échec.

Sortir de l’isolement

Toutes les études en  témoignent en effet, la Chine n’a jamais été aussi isolée sur la scène internationale. Son image a continué de se dégrader en Europe comme en Amérique du Nord pendant la crise sanitaire, avec des relations au plus bas depuis le passage au capitalisme rouge initié par Deng Xiaoping. Est-ce pour autant le retour au « cachons nos talents et attendons notre heure » et la modestie de façade du père chinois de la politique de réforme et de l’ouverture ?

La fin des « Loups combattants » ?

Est-ce aussi la fin de la diplomatie des « loups guerriers », ces diplomates chinois mordants et prêts à rivaliser dans la surenchère et les fake news avec les « faucons » de la diplomatie américaine ? Rien n’est moins sûr aujourd’hui. Au-delà des changements de formes et de discours destinés à polir l’image du pays avant le 100ᵉ anniversaire du Parti communiste chinois cet été et les jeux olympiques d’hiver à Pékin l’année prochaine, les observateurs attendent des gestes concrets témoignant d’une plus grande ouverture au dialogue de la part des dirigeants chinois.

Depuis son arrivée au pouvoir Xi Jinping répète régulièrement que « la Chine ne veut pas dominer l’Asie » comme ce fut le cas en 2016 lors du discours pour le 95ᵉ anniversaire du Parti communiste chinois, « la Chine ne veut (pas non plus) dominer le monde » comme lors des célébrations des 40 ans de la réforme de l’économie chinoise en 2018. La propagande d'État doit trouver le bon ton pour « mieux raconter l’histoire de la Chine » déclarait encore le président chinois au lendemain de sa prise de fonction en 2013. Mais toute son action est axée sur l'affirmation de la puissance chinoise, de manière à réaliser le « rêve chinois », dont il a fait son slogan.

« Sharp power »

Or cette « puissance tranchante » est propre aux pays autoritaires expliquait le géopoliticien Joseph Nye dans un article de Foreign Affairs. Un « sharp power » opposé au « soft power » ou même au « smart power », qui continue de susciter appréhension et hostilité de la part de nombreux pays partenaires de la deuxième économie du monde.  

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