Cargo coulé au Sri Lanka: peu de déclarations et beaucoup de questions à Singapour

Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl en train de couler près de Colombo, le 2 juin 2021.
Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl en train de couler près de Colombo, le 2 juin 2021. AP

Le porte conteneur MV X-Press Pearl a partiellement coulé au nord de Colombo, la capitale économique sri-lankaise. Les observateurs s’inquiètent désormais d’une possible marée noire et de ce qui pourrait être la pire catastrophe écologique du Sri Lanka. La cause de l'incident n’est pas encore résolue mais le gouvernement de Colombo a déjà porté plainte contre l’entreprise singapourienne qui possède le cargo. Du côté de Singapour, beaucoup de précautions sont prises pour évoquer cette catastrophe. La question de la responsabilité s’annonce compliquée.

Publicité

Avec notre correspondante en Asie du Sud-Est, Gabrielle Maréchaux

Dans le deuxième plus grand port à conteneurs du monde, le nom du X-Press Pearl est encore très peu prononcé. Son entreprise, le X-Press Feeders, ne l’évoque que par des communiqués de presse très factuels, et il a fallu attendre que le porte-conteneurs commence à couler pour que l’autorité maritime et portuaire de Singapour s’exprime. Elle a annoncé ce mercredi avoir lancé une enquête pour comprendre ce qui a pu arriver, et assure que le X Press Pearl a été enregistré sous pavillon singapourien en février 2021 en conformité avec toutes les exigences et certificats demandés.

Si la question de la responsabilité pénale n’est pas encore évoquée à Singapour, elle s’annonce compliquée. Sur son site internet, l’entreprise X-Press Feeders, qui est un des poids lourds du transport maritime, rappelle qu’elle ne fait qu'acheminer des marchandises, mais ne possède ni n’exploite les conteneurs en eux-mêmes. Or, selon les éléments divulgués pour l’instant, la catastrophe semble avoir été causée par la fuite d’un conteneur transportant de l’acide nitrique.

Flotte singapourienne moins inspectée dans les ports d'escale

En outre, comme signalé sur son site Internet, les assureurs de l’entreprise X-Press Feeders sont anglais. Les conséquences de cette catastrophe écologique pourrait ainsi dépasser largement l’océan Indien.

À Singapour, le nom du X-Press Pearl pourrait en tout cas remettre en cause l’image prestigieuse dont bénéficiait jusque-là la flotte singapourienne, note un journaliste du Straits Times. Dans un article intitulé : « L'incendie d'un porte-conteneurs au Sri Lanka pourrait nuire au prestige du pavillon de Singapour », Clement Yong rappelle notamment que grâce à son excellente réputation en matière de sécurité, la flotte marchande singapourienne n’avait jusque-là aucune restriction sur les lieux où elle pouvait faire du commerce. Dans les ports d’escale, elle gagnait du temps en étant moins inspectées que d’autres navires.

► À lire aussi : Catastrophe écologique au Sri Lanka: le porte-conteneur incendié a en partie touché le fond

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail