Des émissaires de l'Asean en Birmanie pour y rencontrer le chef de la junte

Le secrétaire général de l'ASEAN Lim Jock Hoi (à gauche) accueille le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing (à droite), au sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est à Jakarta, le 24 avril 2021.
Le secrétaire général de l'ASEAN Lim Jock Hoi (à gauche) accueille le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing (à droite), au sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est à Jakarta, le 24 avril 2021. AP - Muchlis Jr

Une délégation de l’ASEAN est arrivée jeudi 3 juin en Birmanie. Elle doit rencontrer ce vendredi Min Aung Hlaing, le commandant en chef de l'armée au pouvoir depuis le coup d'État du 1er février. Cette délégation est emmenée par Erywan Pehin Yusof, le second ministre des Affaires étrangères de Bruneï, qui assure cette année la présidence tournante de l'Association des Nations du Sud-Est asiatique, et le secrétaire général de l’ASEAN, Lim Jock Hoi. 

Publicité

Avec notre correspondante à Rangoun, Juliette Verlin

Lors du sommet de Jakarta en avril dernier, les responsables de l'ASEAN avaient diffusé une déclaration appelant à la « cessation immédiate de la violence » et à la visite en Birmanie d'un envoyé spécial régional. Vendredi, sur les réseaux sociaux birmans, la venue des deux envoyés de l’organisation régionale n'a trompé personne. Pour les internautes, il ne s’agit pas des envoyés spéciaux promis par lors du sommet d’avril, mais simplement d’une visite dont l’objectif n’a pas été dévoilé à la population.

L’association des Nations de l’Asie du Sud-Est a fait quelques pas diplomatiques vers la Birmanie depuis le coup d’État, mais la question de son influence réelle sur le pays se pose toujours. Si les États-Unis et l’Europe ont mis en place des sanctions contre les généraux birmans et leurs familles, les pays de la région ont du mal à s’entendre sur une réponse commune.

À lire aussi : Sommet de l’ASEAN: Jakarta appelle la junte birmane à restaurer la démocratie

Pas de rencontre prévue avec le Gouvernement d'unité nationale opposé au putsch

Il est également peu probable que la délégation de l’ASEAN rencontre le gouvernement parallèle, dirigé par des soutiens d’Aung San Suu Kyi, puisque la junte les a qualifiés de « terroristes ». Toute discussion, tout échange avec eux entraînerait une mise en accusation. 

Les militaires ont annoncé qu’ils donneraient bientôt plus d’informations sur cette rencontre, perçue par les opposants comme une forme de soutien politique à la junte.

► À écouter : Sommet de l'ASEAN: «Il ne faut pas laisser la Birmanie s'isoler de nouveau»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail