Hong Kong: l'activiste pro-démocratie Agnes Chow libérée

La militante pro-démocratie hongkongaise Agnes Chow à sa libération de prison à Hong Kong, le 12 juin 2021.
La militante pro-démocratie hongkongaise Agnes Chow à sa libération de prison à Hong Kong, le 12 juin 2021. AFP - ISAAC LAWRENCE

La militante du mouvement pro-démocratie à Hong Kong, Agnes Chow, a été libérée de prison samedi 12 juin, jour du second anniversaire des grandes manifestations en faveur de la démocratie dans l'ex-colonie britannique.

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« L'agonie est enfin terminée. Je vais me reposer. » Juste quelques mots d'Agnès Chow, 24 ans, à sa sortie  de prison où elle a été détenue sept mois durant. Elle qui s'était fait connaître par ses discours enflammés en 2014, pendant la révolution des parapluies, rappelle Vincent Souriau, du service international de RFI. 

À l'époque, elle n'a que 15 ans, mais c'est déjà avec Joshua Wong et Nathan Law, l'une des grandes voix du mouvement pro-démocratie. Ils fonderont ensemble le collectif Demosisto afin de promouvoir l'autonomie et l'audétermination du peuple de Hong Kong face au gouvernement central chinois.

Sa libération intervient deux ans jour pour jour après les grandes manifestations qui avaient envahi les rues de l'ancienne colonie britannique en défense de la démocratie. Le 12 juin 2019, des milliers de personnes avaient encerclé le siège de l'assemblée législative de Hong Kong dans une tentative d'empêcher l'adoption d'une loi favorisant les extraditions, y compris d'opposants, vers la Chine continentale.

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La dispersion brutale de ces manifestants par la police n'avait alors pas empêché une forte mobilisation en faveur de la démocratie pendant plus de sept mois. Les autorités chinoises avaient refusé de céder. Au bout du compte, le 1er juillet 2020, Pékin avait imposé à Hong Kong une loi dite de sécurité nationale, qui a permis l'arrestation de plus d'une centaine de personnes. 

Ces immenses manifestations, Agnes Chow les a accaompagnées. Ce qui lui a valu son arrestation l'an dernier pour avoir participé à un rassemblement devant le quartier général de la police hongkongaise et réclamé une enquête sur les violences policières.

Centaines d'arrestations

Depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale, le climat a changé de manière radicale. Agnès Chow l'avait déjà souligné : « Je ne peux plus dire aujourd'hui ce que je pouvais dire dans le passé. Ce que l'on cherche, c'est la démocratie et la liberté. Elles sont encore très loin. »

De nombreux militants pro-démocratie ont été arrêtés et la contestation criminalisée la nouvelle loi. Des dizaines d'opposants ont été traduits en justice, dont le magnat de la presse hongkongais, Jimmy Lai. La plupart n'ont pas bénéficié d'une libération sur caution et risquent des peines de prison à vie s'ils passent en jugement.

Rassemblements interdits

Quelque 2 000 policiers ont été placés en alerte ce samedi alors que des appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour commémorer ces manifestations. Les autorités ont toutefois maintenu une interdiction de manifester décidée pour lutter contre la pandémie de coronavirus, bien que seules trois nouvelles contaminations aient été recensées le mois dernier. 

Vendredi, deux militants d'un groupe pro-démocratie ont été arrêtés après avoir été accusés d'appeler à un rassemblement interdit.

La semaine dernière, les autorités ont interdit un rassemblement pour commémorer le 4 juin la répression de la place Tiananmen en Chine. La veillée traditionnelle qui se tient chaque année au parc Victoria a été interdite, pour la première fois depuis 32 ans.

De nombreux Hongkongais n'ont toutefois pas renoncé à manifester en allumant des bougies ou la lumière de leur téléphone portable.

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(et avec AFP)

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