Birmanie: un village détruit par les flammes lors d'une intervention militaire

Un habitant passe devant des maisons fumantes dans le village de Kinma incendié par des troupes de la junte, dans le centre de la Birmanie, le 16 juin 2021.
Un habitant passe devant des maisons fumantes dans le village de Kinma incendié par des troupes de la junte, dans le centre de la Birmanie, le 16 juin 2021. AP

En Birmanie, rien n'indique que le calme revient depuis le putsch de l'armée le 1er février dernier. En témoigne l'incendie qui a entièrement ravagé un petit village dans la région de Magway au centre du pays, après une intervention militaire. 

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Une épaisse colonne de fumée noire s’élève sur le village de Kinma. Sur les photos publiées dans la presse locale et les réseaux sociaux, on voit un champ de ruines couvert de cendres, des bouts de tôle au sol et des arbres carbonisés. Des 250 maisons, seule une vingtaine restent encore debout, noircies par les flammes. Un millier d’habitants ont trouvé refuge dans les bourgs voisins ou dans la forêt. Un couple de vieillards a péri dans l’incendie.  

L’armée accuse une quarantaine de « terroristes » d'avoir mis le feu à la maison d'un sympathisant de la junte. Le vent aurait ensuite propagé le feu. Mais des villageois racontent une toute autre histoire. Mardi, des soldats auraient fait irruption à Kinma, à la recherche de combattants d’une force d’autodéfense locale, a déclaré un témoin à l’AFP. Alors que les habitants fuyaient, les militaires auraient tiré avec un lance-roquettes sur le village.

Le quotidien Irrawaddy rapporte que des soldats auraient ensuite ouvert le feu sur des villageois qui tentaient de sauver tant bien que mal des effets personnels. Au moins un homme aurait été blessé. La répression n'épargne même pas les petits villages perdus dans la forêt tropicale.

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Les manifestations sont toujours quotidiennes à travers tout le pays, plongeant la Birmanie chaque jour un peu plus dans le chaos et la guerre civile, avec des affrontements entre l'armée régulière et des factions ethniques rebelles et l'économie est entièrement paralysée par des grèves massives.

Le mouvement de contestation est réprimé dans le sang par les forces de sécurité qui ont tué ces derniers mois plus de 860 civils, dont des femmes et des enfants, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

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