Cambodge: trois activistes environnementaux arrêtés et placés en détention provisoire

Au Cambodge, les études d’impact environnemental ne sont par exemple presque jamais rendues publiques.
Au Cambodge, les études d’impact environnemental ne sont par exemple presque jamais rendues publiques. AP - Heng Sinith

Au Cambodge et pour la seconde fois en moins d’un an, trois activistes environnementaux de Mother Nature Cambodia ont été arrêtés et placés en détention provisoire. Ils sont accusés de complot et d’insulte au roi. Ces nouvelles arrestations interviennent à peine un mois après la condamnation de trois membres du même groupe de défense de l’environnement.

Publicité

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Juliette Buchez

Ly Chandaravuth, Sun Ratha, et Yim Leanghy sont tous trois membres de Mother Nature Cambodia. Ce groupe s’est fait connaître pour de courts exposés vidéo qui interrogent les risques environnementaux liés à des projets de développement, des infrastructures ou la surexploitation de ressources naturelles.

Le Cambodge connaît un développement rapide, mais le manque de transparence de nombreux projets est régulièrement critiqué. Les études d’impact environnemental ne sont, par exemple, presque jamais rendues publiques.

► À lire aussi : Cambodge: des militants de l'environnement condamnés à des peines de 18 à 20 mois de prison

Le groupe Mother Nature Cambodia avait continué ses activités malgré l’arrestation de trois de ses membres en septembre 2020 et leur condamnation le mois dernier pour « incitation à semer le trouble dans l’ordre public ».

C’était désormais le visage masqué et la voix déformée que les activistes s’exposaient dans leur vidéo.

Les nouvelles arrestations semblent néanmoins davantage attirer l’attention d’une partie de l’opinion cambodgienne, notamment sur les réseaux sociaux.

Plusieurs publications de Mother Nature diffusées depuis ce week-end ont ainsi fait réagir des dizaines de milliers d’internautes.

Loin de Phnom Penh, l’affaire a même attiré l’attention de Greta Thunberg qui parle d’un « outrage » sur Twitter aujourd’hui.

Alors que les voix critiques semblent toujours plus exposées à des poursuites judiciaires, au Cambodge, 75 organisations issues de la société civile publient aujourd’hui un communiqué.

Elles demandent la libération des activistes environnementaux et des défenseurs des droits humains actuellement détenus, ainsi l’abandon des charges qui pèsent contre eux.

Et ce, alors qu’un nombre non précisé de détenus dans plusieurs prisons du pays ont contracté le Covid-19.

 


NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail