Loi sécurité à Hong Kong: Carrie Lam justifie la fermeture imminente de l'«Apple Daily»

La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, lors d'une conférence de presse le 21 juin 2021, à Hong Kong.
La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, lors d'une conférence de presse le 21 juin 2021, à Hong Kong. AP - Vincent Yu

L’un des journaux les plus populaires, l'Apple Daily, connu pour ses prises de position très critiques du pouvoir central chinois et ouvertement pro-démocratie, vit sans doute ses dernières heures, depuis le raid de la police la semaine dernière. Ce mardi 22 juin, la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a justifié la procédure judiciaire, assurant que les mesures prises par les autorités ne visaient pas la liberté de la presse.

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Dans son point hebdomadaire, Carrie Lam a rejeté en bloc toutes les accusations. « Ce n'est pas une attaque contre le travail journalistique normal. » La cheffe de l'exécutif hongkongais ne voit aucun problème dans la procédure judiciaire qui force le quotidien pro-démocratie Apple Daily à décider de sa fermeture ce vendredi 25 juin.

Plus encore, Carrie Lam assume le raid policier du 17 juin dernier contre le journal, accusé de mettre en danger la sécurité nationale par ses articles. « Ce n'est pas un problème de critiquer le gouvernement de Hong Kong, mais s'il y a une intention d'organiser des activités incitant à la subversion du gouvernement, alors là, bien sûr, c'est différent. »

« Comment définissez-vous un travail journalistique normal ? » a demandé un reporter. Réponse glaçante de Carrie Lam : « Je pense que vous êtes en meilleure position pour répondre à cette question. » 

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« Sans argent, on ferme ! »

Lundi soir a marqué la dernière édition du journal télévisé en ligne du Apple Daily, rapporte notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. La présentatrice a rappelé l’importance d’une presse indépendante et remercié les lecteurs.

Depuis l’opération de police de la semaine dernière, le directeur et le rédacteur en chef du journal ont été inculpés, de complot en vue de « collusion avec des forces étrangères », un crime défini par la nouvelle loi draconienne de sécurité nationale. Ils ont été placés en détention préventive.

La police estime que des dizaines d'articles publiés par le journal pourraient avoir violé la loi de sécurité nationale instaurée l'an dernier par la Chine dans la région administrative spéciale et utilisée pour la première fois contre un groupe de presse.

Mais c’est surtout le gel des comptes qui menace la survie du journal, comme l’explique Mark Simon, le conseiller privé du fondateur du journal, Jimmy Lai, emprisonné depuis décembre dernier. « Il y a vraiment peu de chances que le journal puisse survivre. Si le ministre de la Sécurité n’autorise pas l’accès à l’argent placé sur les comptes qu’il a gelés. Apple Daily ne peut rien faire. Sans argent, on ferme ! »

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« N'essayez pas de magnifier ces actes »

Des activistes et des gouvernements occidentaux ont critiqué les agissements des autorités et exprimé leur inquiétude sur la liberté de la presse à Hong Kong. 

« Toutes ces accusations du gouvernement américain sont fausses, a rétorqué Carrie Lam ce mardi. N'essayez pas de minimiser l'importance d'une violation de la loi de sécurité nationale. N'essayez pas de magnifier ces actes qui mettent en danger la sécurité nationale. Et n'accusez pas les autorités de Hong Kong d'utiliser la loi de sécurité nationale comme outil pour réprimer les médias ou endiguer la liberté d'expression. »

(Et avec agences)

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