Sri Lanka: 16 détenus liés aux anciens rebelles tamouls graciés

Le Premier ministre Mahinda Rajapaksa (à gauche) et son frère Gotabhaya Rajapaksa, président du Sri Lanka.
Le Premier ministre Mahinda Rajapaksa (à gauche) et son frère Gotabhaya Rajapaksa, président du Sri Lanka. AFP

Au Sri Lanka, 16 détenus liés aux anciens rebelles tamouls, emprisonnés depuis au moins dix ans, ont été graciés. La semaine dernière, l’ONU avait encore rappelé Colombo à l’ordre sur les détentions sans inculpation en vertu d’une loi antiterroriste encore durcie en mars dernier, qui selon les défenseurs des droits de l’homme viserait tout opposant au gouvernement.

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La plupart des 16 personnes libérées en étaient à la fin de leur peine, a précisé l’administration pénitentiaire. Mais, selon le gouvernement, ces grâces accordées par le président Rajapaksa, – les premières depuis son arrivée au pouvoir pour des détenus liés aux rebelles tamouls –, constitueraient le début d’un plan de libération de tous les prisonniers détenus, parfois sans inculpation, en vertu de la « loi antiterroriste ».

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH) a encore demandé la semaine dernière l’abrogation de cette loi qui serait en fait principalement utilisée pour enfermer militants de droits de l’homme, opposants politiques et minorités religieuses. Mais sur ce point, pas d’avancée.

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Même chose pour une demande récurrente de l’ONU au gouvernement de Colombo : que les responsables présumés des crimes commis pendant les 37 ans de guerre civile rendent des comptes.

Mais l’actuel Premier ministre Mahinda Rajapaksa dirigeait le Sri Lanka quand l’armée a écrasé dans le sang la rébellion en 2009 – elle aurait tué 40 000 civils tamouls. Son frère est l’actuel président Gotabhaya Rajapaksa, il a été élu entre autres sur la promesse de ne pas poursuivre les militaires. Et si son prédécesseur avait, lui, promis la justice pour les tamouls, il n’en a rien fait non plus. 

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