Deux nouvelles applications dans le collimateur de Pékin pour cause de «sécurité nationale»

Après avoir ordonné le retrait de l’application de VTC Didi des plates-formes en ligne pour motif de «sécurité nationale», les autorités de la cybersécurité ont lancé des enquêtes similaires contre le Uber chinois des camions et l’une des principales applications chinoises de recrutement.
Après avoir ordonné le retrait de l’application de VTC Didi des plates-formes en ligne pour motif de «sécurité nationale», les autorités de la cybersécurité ont lancé des enquêtes similaires contre le Uber chinois des camions et l’une des principales applications chinoises de recrutement. AFP - GREG BAKER

La « Tech » est dans le viseur de Pékin après le feuilleton « Didi chuxing », l’application de VTC en Chine. Après avoir ordonné dimanche le retrait de l’application de VTC des plates-formes en ligne pour motif de « sécurité nationale », les autorités de la cybersécurité ont lancé ce lundi des enquêtes similaires contre le Uber chinois des camions et l’une des principales applications chinoises de recrutement.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

C’est la première fois que les autorités chinoises invoquent officiellement la sécurité nationale dans une enquête concernant des entreprises de la high-tech. Ce lundi encore, c’est au nom de la préservation des données personnelles des clients que les gardiens de la grande muraille informatique chinoise ont lancé leurs investigations.

À l’image de Didi pour les VTC et les taxis, l’application Huanmanman & Huochebang est un poids lourd des commandes de véhicules avec chauffeurs, et en l’occurrence ici des camionneurs, qui a totalisé 20 % des commandes d’expédition en 2020. L’équivalent de 71,7 millions de commandes et plus de 2,8 millions de camionneurs sur les routes. Même chose dans le secteur du recrutement pour Boss Zhiping qui revendique près de 86 millions de demandeurs d’emploi et 13 millions d’entreprises ayant eu recours à l’application.

Une défiance sécuritaire de moins en moins discrète

Autre similarité relevée dans les commentaires très nombreux sur les réseaux sociaux chinois depuis dimanche, le fait que ces enquêtes interviennent après que Didi et l’Alliance des camionneurs aient fait leur entrée à la bourse de New York aux États-Unis.

Pékin se méfie des actionnaires étrangers. « La Chine ne peut pas autoriser un géant de l’internet à gérer une base de données contenant d’avantage d’informations personnelles sur les Chinois que l’État chinois lui-même n’en détient », affirme un éditorial du Global Times, filiale du quotidien du peuple.

Une défiance sécuritaire qui jusqu’à présent s’était manifestée plus discrètement, quand par exemple certaines institutions du pouvoir chinois ont demandé à leurs agents conducteurs des voitures électriques américaines Tesla de se garer à l’extérieur ou quand la sécurité publique s’interrogeait le 2 juillet dernier sur la possibilité on non de laisser accéder des journalistes étrangers accrédités aux cérémonies du centenaire du PCC place Tiananmen avec leur ordinateur portable de marque étrangère.

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