Reportage

Afghanistan: «Les talibans essaient de convaincre les jeunes de se joindre à eux»

Un homme du côté afghan de la frontière avec le Pakistan tient un drapeau taliban (image d'illustration).
Un homme du côté afghan de la frontière avec le Pakistan tient un drapeau taliban (image d'illustration). Banaras KHAN AFP

En Afghanistan, de nombreuses personnes ont fui vers la capitale Kaboul les violences et la menace d’enrôlement de force des insurgés. RFI en a rencontré quelques-unes dans un centre d’hébergement d’urgence qui accueille une soixantaine de familles de déplacés internes en raison des récents combats. 

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Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali avec la collaboration de Nazir Afzali

Sarah, mère de huit enfants, a fui Kunduz dans le nord-est de l’Afghanistan, elle n’a plus aucun espoir en l’avenir. Dans son village, raconte-t-elle, les familles se déchirent : « Des hommes combattent leur propre fils et des enfants prennent les armes contre leur père. Parce qu’il y a des hommes qui combattent du côté des talibans et leur fils du côté de l’armée. Ou le contraire. Parfois ce sont des frères qui se battent l’un contre l’autre. »

Ghoreza, jeune mécanicien âgé de 19 ans, a aussi fui Kunduz. Il y a laissé son garage et ses clients. Mais la pression des talibans qui ont capturé la zone était devenue trop forte. « Dans les villages, les talibans essaient de convaincre les jeunes de se joindre à eux, affirme-t-il. Ils disent que l’armée, le gouvernement sont des mécréants, qu’ils sont des mauvais musulmans. Ils les manipulent psychologiquement. Ils font ça dans mon village et tout autour. J’ai fait des études, je sais qu’ils mentent. Alors j’ai toujours gardé mes distances avec eux. »

Plusieurs jeunes hommes comme lui on pris la fuite pour ne pas être enrolés de force par les talibans

Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés,  270 000 personnes ont quitté leurs foyers depuis janvier portant le nombre total de personnes déplacées à plus de 3,5 millions.

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