Pourquoi Taïwan est appellé «Taipei chinois» durant les Jeux olympiques de Tokyo?

La délégation taïwanaise aux JO de Tokyo doit s'appeler Taipei chinois durant la compétition des Jeux olympiques.
La délégation taïwanaise aux JO de Tokyo doit s'appeler Taipei chinois durant la compétition des Jeux olympiques. © PHIL NOBLE/REUTERS

L’haltérophile taïwanaise Kuo Hsing-chun a remporté l’or mardi 27 juillet à Tokyo. Mais pas de drapeau ou d’hymne taïwanais lors de la remise de médaille, car Taïwan n’a pas le droit de s’appeler « Taïwan » aux Jeux olympiques, mais doit s'appeler «Taipei chinois», une règle que Pékin, pour qui ce territoire lui appartient toujours, surveille de très près.

Publicité

Dès leur première participation aux Jeux olympiques, communistes de Pékin et nationalistes de Taïwan se présentent comme la seule vraie Chine. Du coup, Taïwan changera régulièrement de nom : « Formose-Chine » en 1956 alors que Pékin boycotte la compétition. À la demande du CIO, l'île est présentée sous le nom de « Taïwan » dans les années 1960, mais peu à peu le territoire récupèrera le titre « République de Chine » jusqu’en 1976, quand le pays hôte lui demande de revenir à « Taïwan ». Diplomatiquement, c'est la Chine de Pékin qui est de plus en plus reconnue, et elle veut l'empêcher de se présenter comme un État souverain. Taïwan boycotte dans un premier temps la compétition, mais acceptera de revenir en 1984 sous le nom actuel : « Taipei chinois ».

Pas d'hymne et pas de drapeau

Et Pékin est à l’affût. Lors de la cérémonie d’ouverture, le quotidien d’État Global Times dénonce une « sale manœuvre politique » quand un présentateur japonais parle de l’équipe « Taïwan ». Quant au diffuseur chinois Tencent, il censure l'entrée de la délégation taïwanaise, car elle défile suivant l’ordre du caractère « ta » de Taïwan.

Les Taïwanais, eux, vivent souvent mal le fait de ne pouvoir concourir sous leur nom, avec leur drapeau et leur hymne. Mais le référendum de 2018 pour revenir au nom « Taïwan » a été un échec : les sportifs craignaient d’être privés de compétition par un CIO les menaçant d'exclusion.

►À lire aussi : Tokyo 2021: deux premières médailles pour l'Afrique du Sud, le Tunisien Hafnaoui à l'arrêt

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail