Pakistan: deux Chinois blessés dans une attaque armée à Karachi

Des officiels pakistanais examinent le véhicule qui transportait des ressortissants Chinois dont deux ont été blessés dans une attaque, à Karachi le 28 juillet 2021.
Des officiels pakistanais examinent le véhicule qui transportait des ressortissants Chinois dont deux ont été blessés dans une attaque, à Karachi le 28 juillet 2021. AFP - RIZWAN TABASSUM

Deux Chinois qui travaillaient dans une usine ont été attaqués par deux hommes armés à moto dans le Sud, à Karachi. Le Pakistan est un des pays-clés des « Nouvelles routes de la soie » chinoises. Nombre de grands projets économique sont financés par Pékin dans le pays. Pourtant la Chine y est parfois mal vue et ses ressortissants font l'objet d'attaques - celle du consulat de Chine à Karachi en 2018, ou plus près de nous, l'attentat contre un bus il y a deux semaines où neuf Chinois avaient été tués. Comment réagissent Islamabad et Pékin à ce climat de violence ?

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« La Chine suit attentivement ce dossier, qui fait encore l'objet d'investigations, a réagi Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Cet incident est un cas isolé. Nous sommes absolument confiants que les autorités pakistanaises assureront la sécurité des ressortissants et des actifs chinois au Pakistan. »

Cette attaque survient exactement deux semaines après la mort de neuf Chinois dans un attentat contre un car qui transportait des ingénieurs, géomètres et personnels de maintenance mécanique travaillant à la construction du barrage de Dasu, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa au nord-ouest du pays.

Après avoir évoqué un accident, les autorités pakistanaises ont admis que des traces d'explosifs avaient été retrouvées sur place, mais sans pour l'instant fournir plus de détails. Pékin a été plus explicite, de récentes informations relayées par les médias d'État chinois accusant des militants ouïghours ou les talibans pakistanais d'être derrière cette attaque.

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« Evidemment, Islamabad est très embarrassé, note Laurent Gayer, chercheur au CERI-Sciences Po, joint par Christophe Paget, du service International de RFI. Les institutions pakistanaises savent que la menace augmente. Et si une partie des ressortissants chinois dont le nombre va croissant au Pakistan, notamment à Karachi, sa capitale éconmique et financière, bénéficient des protections, beaucoup d'autres, probablement une majorité à Karachi, circulent dans la ville, souvent sans protection, et sont donc une proie facile pour toute sorte d'attaquants. »

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De son côté, « la Chine préfère garder une position prudente en public, en se gardant bien d'humilier son allié pakistanais, poursuit Laurent Gayer. Pour autant, on peut être certain qu'elle exige des gages de sécurité, de protection de ses ressortissants. Il faut se souvenir que par exemple en 2007, lorsque des masseuses chinoises avaient été prises à partie par des groupes de justicières, la Chine avait fait pression sur le général Musharraf. Et dans les jours qui avaient suivi, l'armée pakistanaise avait lancé une réaction sanglante contre la Mosquée rouge d'Islamabad, derrière ces intiatives justicières. »

Les projets financiers par Pékin créent peu d'emplois pour la population locale

La sécurité des employés chinois travaillant sur les différents projets d'infrastructure au Pakistan est depuis longtemps une préoccupation pour Pékin, qui a investi des milliards de dollars ces dernières années dans ce pays.

Les projets financés par la Chine ont souvent créé un fort ressentiment au Pakistan, en particulier auprès des groupes séparatistes, qui estiment que la population locale n'en tire aucun bénéfice, la plupart des emplois revenant à de la main-d'œuvre chinoise.

En avril dernier, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, avait revendiqué un attentat suicide contre un hôtel de luxe de Quetta, capitale de la province du Baloutchistan à l'ouest du pays. Un hôtel dans lequel séjournait l'ambassadeur de Chine, qui n'avait pas été blessé.

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