Afghanistan: l'aéroport de Kandahar endommagé par des tirs de roquettes

Des membres des forces spéciales afghanes après des combats avec les talibans à Kandahar, le 13 juillet 2021.
Des membres des forces spéciales afghanes après des combats avec les talibans à Kandahar, le 13 juillet 2021. REUTERS - DANISH SIDDIQUI

À un mois du retrait total des troupes étrangères, les talibans poursuivent leur offensive contre les forces de sécurité afghanes qui peinent à les repousser. Trois capitales provinciales sont directement menacées par les fondamentalistes religieux. Alors que les combats continuent dans les faubourgs d’Hérat, la grande ville de l’ouest du pays, dans le sud de l’Afghanistan Lashkar Gah et Kandahar sont encerclés. 

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La piste de l'aéroport de Kandahar a été endommagée dans la nuit de samedi à dimanche par des roquettes. Tous les vols au départ ou à destination de la deuxième ville d'Afghanistan avec 650 000  habitants sont annulés. L'enceinte aéroportuaire de Kandahar et sa seule piste accueillent une base aérienne militaire, essentielle pour le ravitaillement des forces afghanes.

L’aéroport est situé dans les faubourgs de la capitale provinciale où les combats font rage depuis plusieurs semaines, rapporte notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali. La population de la ville de Kandahar, berceau du mouvement taliban, entend chaque jour les tirs que s’échangent les combattants talibans et les forces de sécurité afghane.

Ces trois derniers mois, les talibans se sont emparés de vastes territoires ruraux du pays, au cours d'une offensive tous azimuts lancée à la faveur du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé. Les forces afghanes, qui n'ont jusqu'ici opposé qu'une faible résistance, ne contrôlent plus pour l'essentiel que les principaux grands axes et les capitales provinciales, dont certaines sont encerclées.

Trois capitales provinciales encerclées

La chute de Kandahar, dont les talibans avaient fait l'épicentre de leur régime quand ils gouvernaient l'Afghanistan (1996-2001), imposant leur version ultrarigoriste de la loi islamique, serait un désastre pour les autorités afghanes et pour le moral de leurs forces, déjà sérieusement entamé. Et elle renforcerait les interrogations déjà grandes sur la capacité de l'armée afghane d'empêcher les talibans de s'emparer par la force du pouvoir en Afghanistan.

Dans la province voisine du Helmand, les talibans sont aussi aux portes de la capitale provinciale Lashkar Gah, resserrant leur étau sur les forces de sécurité afghane qui peinent à contenir leur avancée.

Dans le nord-ouest, à Hérat, près de la frontière avec l’Iran, les vols commerciaux ont aussi été suspendus, les combats faisant rage tout autour. Des centaines de familles ont trouvé refuge dans la capitale provinciale. Des milices d’autodéfense appuient l’armée afghane sur la ligne de front. Une partie de la population désillusionnée s’attend chaque jour à voir les talibans s’emparer de la ville comme ils se sont emparés il y a quelques semaines d’Islam Qala, le poste-frontière avec l’Iran. Rien ne semble pouvoir arrêter leur avancée à un mois du retrait total des troupes étrangères.

►À écouter aussi : En Afghanistan, la mobilisation populaire contre les talibans

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