Chine: la superstar de la pop Kris Wu arrêtée et interrogée après des accusations de viol

Le chanteur canadien d'origine chinoise, Kris Wu, à Los Angeles en Octobre 2018.
Le chanteur canadien d'origine chinoise, Kris Wu, à Los Angeles en Octobre 2018. Jordan Strauss/Invision/AP - Jordan Strauss

Le rappeur canadien d’origine chinoise, Kris Wu, a été interpellé samedi à Pékin dans le cadre d’une enquête pour viol. Le scandale qui affecte la carrière de l’une des stars les plus influentes de la scène chinoise fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux chinois, et pour cause, ce pourrait être un développement important pour le mouvement MeToo en Chine.

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De notre correspondant à Pékin,

Le bureau de la sécurité publique du district de Chaoyang à Pékin n’a pas immédiatement révélé l’identité de l’interpellé, mais les réseaux sociaux chinois ont très vite compris. Un certain monsieur Wu, 30 ans, a été emmené au poste suite à des allégations lui reprochant des rapports sexuels contraints, ce ne pouvait être que le dernier rebondissement d’un scandale qui a fait chuter l’une des stars du rap FM en Chine.

Ex-membre du boys-band de K-Pop Exo en Corée du Sud, Kris Wu a conquis le marché chinois avec des tubes sur « l’Éternel amour », « la Liberté » ou encore le « Paradis et l’enfer » aux paroles prémonitoires : « certains disent que je suis un pécheur (…) ils veulent me voir tomber (…) mais il n’a aucun moyen que j’abandonne ». 

Mais il est peu question d’amour dans les faits qui lui sont reprochés notamment par Du Meizhu, une vlogueuse et influenceuse beauté, également ultra connue de la jeunesse chinoise, qui l’accuse de viol sur sa personne et laisse entendre que d’autres jeunes femmes pourraient avoir subi le même sort.

Suite à ces accusations, le chanteur qui compte plus de 52 millions d’abonnés sur le réseau Sina Weibo (il a plus de followers que l’ensemble de la population espagnole) a été abandonné par les annonceurs. Louis Vuitton, Bulgari, l’Oréal et Porsche sont revenus sur les contrats signés avec la star. Il pourrait aussi servir d’exemple aux pouvoirs publics qui jusqu’à présent préféraient éviter un trop grand retentissement aux affaires MeToo. Le procès l’hiver dernier d’un présentateur vedette de la télévision centrale de Chine a ainsi été reporté sine die.

Plusieurs heures après l’interpellation, les médias d’État ont mentionnés l’interrogatoire de la pop star.  « Vous devez respecter la loi chinoise sur le sol chinois » a indiqué la Commission des affaires politiques et juridiques du parti communiste sur son compte Weibo. « Peu importe, à quel point la gloire est éblouissante, et quelle est l’ampleur de la renommée, personne n’a de privilèges », indique la Fédération des femmes de Chine affilée au PCC.

Si les faits sont avérés, Kris Wu risque jusqu’à 10 ans de prison et une expulsion du territoire chinois après avoir effectué sa peine.   

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