Malaisie: l'opposition dénonce une utilisation du Covid-19 contre la démocratie

Les députés de l'opposition en marche vers le Parlement, dont l'accès a été protégé par un bouclier de policiers, réclament la démission du Premier ministre, à Kuala Lumpur, le 2 août 2021.
Les députés de l'opposition en marche vers le Parlement, dont l'accès a été protégé par un bouclier de policiers, réclament la démission du Premier ministre, à Kuala Lumpur, le 2 août 2021. AP - FL Wong

En Malaisie, la crise sanitaire et la crise politique sont aujourd’hui plus que jamais entremêlées. Craignant que le Parlement ne devienne un cluster, le Premier ministre Muhyiddin Yassin a ordonné sa fermeture alors même que devait avoir lieu ce lundi une session décisive pour l’avenir politique du pays.  

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Avec notre correspondante à Kuala Lumpur, Gabrielle Maréchaux

C’est une image immédiatement qualifiée d’historique : d’un côté les députés de l’opposition malaisienne, de l’autre les boucliers des policiers. Et derrière les forces de l’ordre et leur canons à eau, le Parlement fermé que cherchent en vain à rejoindre les parlementaires ce lundi matin. 

Pour ce député de l’opposition, l’heure est donc grave. « C’est une attaque directe contre notre démocratie parlementaire, dit-il. Le Parlement choisit qui est le Premier ministre. Et l’exécutif essaie de faire en sorte que le Parlement ne fonctionne pas pour que Muhyiddin puisse rester au pouvoir. » 

Du côté de l’exécutif, on assure que la décision de fermer jusqu’à nouvel ordre le Parlement est un choix raisonnable basé sur la science après la découverte de cas positifs dans l’enceinte du bâtiment. 

Une argumentation qui ne tient pas pour Syed Saddiq, un jeune et populaire député qui a donc riposté sur TikTok. « Les usines peuvent ouvrir, les casinos aussi, les lieux de travail, ici, peuvent également ouvrir, mais le Parlement doit fermer, s'insurge-t-il. Qu'est ce que c'est que cette histoire ? La majorité des députés et leurs équipes ont déjà reçu deux doses du vaccin. Est-ce que le gouvernement doute de l’efficacité du vaccin ? »

Ce n’est pas la première fois que l’opposition malaisienne accuse le gouvernement en place de prendre le coronavirus comme un alibi pour geler la vie parlementaire.

Le Premier ministre est arrivé au pouvoir sans avoir été élu par les Malaisiens quelques jours seulement avant le premier confinement en mars dernier, et depuis le vote de défiance qu’espère l’opposition n’a jamais pu avoir lieu. 

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