Afghanistan: l'amertume de certains pays alliés de Washington à l'égard de Joe Biden

Le secrétaire d'État britannique à la Défense Ben Wallace (ici, lors d'une réunion au Pentagone, le 12 juillet 2021, à Washington), et certains généraux britanniques ne se sont pas privés de critiquer la façon dont le retrait américain a été décidé.
Le secrétaire d'État britannique à la Défense Ben Wallace (ici, lors d'une réunion au Pentagone, le 12 juillet 2021, à Washington), et certains généraux britanniques ne se sont pas privés de critiquer la façon dont le retrait américain a été décidé. AP - Alex Brandon

Alors que les États-Unis sont critiqués pour la débâcle provoquée par le retrait des troupes américaines, Joe Biden a assuré que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la « crédibilité » américaine de mener à bien l’opération. Mais dans les faits, certains pays ne cachent pas leur amertume vis-à-vis des Américains. 

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Après les critiques et les inquiétudes exprimées par les dirigeants néo-zélandais et australiens, de nombreuses voix s'élèvent au Royaume-Uni, deuxième pays fournisseur de troupes en Afghanistan, et le plus endeuillé par cette guerre après les États-Unis.  

Cette semaine, le secrétaire à la Défense Ben Wallace et certains généraux britanniques ne se sont pas privés de critiquer la façon dont ce retrait américain a été décidé, visant aussi la précédente administration Trump. 

De son côté, Boris Johnson, qui a dû attendre plus de 24 heures avant d'avoir Joe Biden au téléphone après la prise de Kaboul, se garde bien, lui, de critiquer ouvertement le président américain. Même si le Premier ministre britannique a admis que ce retrait militaire avait accéléré les choses en Afghanistan, et que tous savaient depuis longtemps que « c'est ainsi que les choses se passeraient ».

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Paris très agacé par l'allié américain

Emmanuel Macron et Joe Biden se sont entretenus, jeudi soir 19 août. Et selon le quotidien britannique The Guardian, la Maison Blanche aurait omis dans le compte-rendu de cette conversation certains propos du président français, qui a souligné à son homologue américain, selon l'Élysée, « la responsabilité morale » qui incombe aux alliés vis à vis des Afghans qui doivent être protégés. 

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Borell : « Impossible » d'évacuer tous les collaborateurs afghans pour le 31 août

La situation à l'aéroport de Kaboul reste extrêmement compliquée. Joe Biden, qui fait face à sa première crise internationale depuis le début de son mandat, a reconnu que le pont aérien pour faire évacuer les ressortissants afghans et étrangers était « l'un des plus importants et difficiles de l'histoire ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a, quant à lui, jugé « impossible » d'évacuer tous les collaborateurs afghans pour le 31 août et a déploré que les mesures de sécurité prises par les États-Unis à l'aéroport de Kaboul entravent cette évacuation, dans un entretien samedi 21 août à l'AFP.

« Le problème est l'accès à l'aéroport. Les mesures de contrôle et de sécurité des américains sont très fortes. Nous nous sommes plaints. Nous leur avons demandé de montrer plus de flexibilité. Nous n'arrivons pas à faire passer nos collaborateurs », a confié Josep Borell lors de cet entretien par téléphone.

Le cofondateur des talibans à Kaboul pour des pourparlers sur le gouvernement

La direction des talibans s'est réunie ce samedi à Kaboul afin de discuter avec des politiciens et des jihadistes de la formation d'un gouvernement « inclusif ». Le cofondateur et numéro deux des talibans, Abdul Ghani Baradar, est arrivé ce même jour dans la capitale afghane après avoir passé 48 heures à Kandahar, berceau du mouvement.

Ce mollah, qui dirigeait jusque-là le bureau politique des talibans au Qatar, va « rencontrer des responsables jihadistes et des responsables politiques pour l'établissement d'un gouvernement inclusif », a déclaré à l'AFP un haut responsable taliban.

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