Pakistan: des ressortissants chinois visés par une attaque suicide au Baloutchistan

A bord des véhicules, des ouvriers et des cadres travaillant sur la nouvelle autoroute reliant le port de Gwadar (notre photo) à la voie express de Makran au Baloutchistan.
A bord des véhicules, des ouvriers et des cadres travaillant sur la nouvelle autoroute reliant le port de Gwadar (notre photo) à la voie express de Makran au Baloutchistan. Reuters/Qadir Baloch/Files

Deux personnes ont été tuées, trois blessées, dont un ressortissant chinois, c’est le dernier bilan de l’attentat suicide qui a visé, vendredi 20 août, un convoi chinois au Baloutchistan (sud-ouest du Pakistan). L’ambassade de Chine à Islamabad a fermement condamné cette attaque. C’est la deuxième fois que des travailleurs chinois sont pris pour cible en un mois.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Un véhicule criblé d’impacts, tôles déformées, vitres soufflées par l’explosion, les photos sur les médias d’État chinois, ce samedi 21 août, témoignent de la violence de la bombe déclenchée par le kamikaze au passage du convoi. A bord des véhicules, des ouvriers et des cadres travaillant sur la nouvelle autoroute reliant le port de Gwadar à la voie express de Makran au Baloutchistan. C'est l'été de tous les dangers pour les projets de Pékin au Pakistan : le 14 juillet dernier, 13 personnes dont 9 ressortissants chinois ont perdu la vie dans un bus se rendant au barrage de Dasu, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa.

Les grands projets ciblés

Une autoroute, un barrage hydroélectrique… En mai 2019 déjà, une attaque contre un hôtel de luxe surplombant le port en eau profonde de Gwadar, avait causé la mort d’au moins huit personnes. A chaque fois, ce sont des projets phare du corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) qui sont pris pour cible - plus de 40 milliards d’euros pour le port de Gwadar, 140 millions d’euros pour la Gwadar eastbay Expressway. Des projets dont le calendrier est souvent reporté en raison des difficultés rencontrées sur le terrain et parfois du ressentiment d’une partie de la population locale vis-à-vis de la saisie des terres et des ressources.

Les menaces sous-estimées ?

Sur place, les compagnies chinoises n’ont pas toujours développé des moyens de protection en rapport avec la montée de la menace, affirment les spécialistes en sécurité des entreprises. Mais les institutions chinoises sont également menacées. En avril dernier, une bombe a explosé dans le parking d’un hôtel de Quetta, la capitale du Baloutchistan où séjournait l’ambassadeur de Chine. En réaction, la diplomatie a une nouvelle fois condamné fermement cette attaque, tout en redemandant au Pakistan de prendre des mesures de sécurité « pratiques et efficaces », « d’améliorer le mécanisme de coopération en matière de sécurité afin de garantir que des évènements similaires ne se produisent plus ». La Chine s’inquiète d’une augmentation de la menace suite au retrait américain d’Afghanistan. Pour la première fois fin juillet, Pékin a envoyé une équipe d’experts en contreterrorisme au Baloutchistan pour enquêter sur l’attaque de Dasu et faire le point sur la situation.  

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