Reportage

À Kaboul, tout le système semble à l’arrêt

Dans une rue de Kaboul, le 1er septembre 2021.
Dans une rue de Kaboul, le 1er septembre 2021. AFP - HOSHANG HASHIMI

L'Afghanistan est plongé dans l'inconnu, deux jours après le retrait définitif des États-Unis. Il n’y a toujours pas de gouvernement taliban même si, d'après nos informations, ce serait imminent. À Kaboul, la vie est de plus en plus difficile.

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Avec l’envoyé spécial de France 24 à Kaboul, Cyril Payen

La vie est encore de plus en plus difficile, outre la question évidemment psychologique, morale, d’une population qui a été traumatisée par 1996, les talibans qui avaient régné par la terreur. On se rappelle des amputations, des lapidations, des destructions…

Malgré le fait qu’il y a une offensive de charme, que les talibans disent : nous ne sommes plus les mêmes, plus libéraux, il y a cette inquiétude, mais il y a aussi autre chose, c’est la vie quotidienne. Depuis les premières heures de l’aube en plein centre de Kaboul, près des administrations, il y a des foules, des gens, des Afghans, essentiellement des hommes d’ailleurs, avec une femme, puisque les femmes ne sortent plus seules mais accompagnées en tout cas, qui font la queue, d’abord devant les banques, puisque les banques sont fermées.

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Il y a une distribution dans les distributeurs automatiques d’argent liquide, mais tout est compté. Donc il y a une pénurie d’argent liquide, ce qui pose un énorme problème ici pour les ménages afghans. C’est un facteur d’inquiétude très important.

Et puis les gens font aussi la queue devant les ministères qui sont fermés, il n’y a pas de date de réouverture, on ne sait pas. Mais les gens font la queue tout de même, dans l’espoir bien mince que cela rouvrira et qu’ils seront les premiers pour faire leurs documents administratifs.

Tout le système afghan à l’arrêt

On voit bien que l’administration et tout le système afghan sont un peu à l’arrêt et il y a une colère sourde, évidemment, qui monte. On sent qu’on veut aller très vite, peut-être pour répondre d’abord aux bailleurs de fonds dont a tant besoin l’Afghanistan qui est au bord de l’effondrement aujourd’hui, mais aussi pour répondre certainement à cette colère sourde que l’on sent monter, de la population.

Donc il pourrait y avoir la formation d’un gouvernement, inclusif ou pas. Vont-ils tenir leur promesse ? On verra.

Et puis la grande rumeur, aujourd’hui, qui est importante, c’est la venue à Kaboul qui est pressentie du grand chef spirituel des talibans, Haibatullah Akhundzada, qui se terrait clandestinement dans son fief de Kandahar et qui serait, s’il ne l’est déjà, en route pour Kaboul.

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