Afghanistan: une partie du nouveau gouvernement taliban dévoilée

Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a dévoilé, ce mardi soir 8 septembre 2021, les premiers noms du nouveau gouvernement taliban. Ici, lors de sa première conférence de presse à Kaboul, en Afghanistan, le 17 août 2021.
Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a dévoilé, ce mardi soir 8 septembre 2021, les premiers noms du nouveau gouvernement taliban. Ici, lors de sa première conférence de presse à Kaboul, en Afghanistan, le 17 août 2021. AP - Rahmat Gul

Les premiers noms tant attendus du nouveau gouvernement taliban ont été annoncés ce mardi 7 septembre au soir. Mohammad Hassan Akhund en prend la tête, trois semaines après la prise de pouvoir du mouvement islamiste en Afghanistan.

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Les talibans ont dévoilé mardi une partie de leur futur gouvernement qui sera dirigé par Mohammad Hassan Akhund. Le cofondateur des talibans Abdul Ghani Baradar est, lui, nommé numéro deux du nouvel exécutif, a annoncé le principal porte-parole des talibans lors d'une conférence de presse à Kaboul. 

Écouté par les différentes factions talibanes qui le respectent, Abdul Ghani Baradar a notamment conduit les négociations de Doha avec les Américains ayant mené au retrait des forces étrangères du pays.

Parmi les autres nominations annoncées mardi soir, celles du mollah Yaqoub, fils du mollah Omar, au poste de ministre de la Défense, et de Sirajuddin Haqqani, chef du réseau Haqqani à l'Intérieur. L’homme dirige le bras armé du mouvement taliban, un réseau terroriste. Le réseau Haqqani est à l’origine des attaques perpétrées au cours de ces 20 dernières années contre les forces étrangères , contre les forces gouvernementales afghanes et contre les civils.

Amir Khan Muttaqi, négociateur taliban à Doha, a, lui, été nommé à la tête du ministère des Affaires étrangères.

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« Le gouvernement n'est pas au complet », a souligné le porte-parole Zabihullah Mujahid, assurant que son mouvement, qui a promis un exécutif « inclusif », allait essayer de « prendre des gens d'autres régions du pays ».

De retour au pouvoir vingt ans après en avoir été chassés par une coalition emmenée par les États-Unis, les talibans sont attendus au tournant par la communauté internationale qui a prévenu qu'elle jugerait le mouvement islamiste sur ses actes.

« C’est un gouvernement de mollahs »

Déjà quelques réactions atterrées se sont élevées, à commencer par celle de Fawzia Koofi, que notre spécilaiste de l'Afghanistan, Sonia Ghezali a pu contacter par téléphone. Fawzia Koofi est l’une des rares femmes qui faisait partie de la délégation qui a été envoyée par le gouvernement de Kaboul à Doha au Qatar pour négocier avec les talibans avant qu’ils ne prennent le pouvoir par la force le 15 août dernier.

Au bout du fil l’ancienne députée a pris sa respiration quelques secondes avant de lâcher dans un souffle : « C’est un gouvernement de mollahs, que dire d’autre… »

« Le chapitre de la diplomatie et du respect des droits de l’homme est un chapître clos », nous a dit Shoukria Barakzai il y a peu. L'ancienne ambassadrice de l’Afghanistan en Europe, femme politique, journaliste, militante féministe a fui Kaboul il y a deux semaines. Les talibans ont prouvé, selon elle, qu’ils n'ont pas changé. L'absence des femmes est plus éloquente que tout. La non-inclusion d'autres ethnies et minorités en dit long sur ce qu'ils sont aujourd'hui.

Le Panshir « sécurisé », « pas de guerre »

Les promesses des talibans, notamment en matière de respect des droits des femmes peinent en effet à ce stade à convaincre. Signe de cette défiance, plusieurs manifestations ont été organisées à Kaboul ces derniers jours par des militantes, rejointes par d'autres Afghans venus dénoncer la violente répression du régime dans le Panshir.

Le Panshir, où se trouvait la dernière poche de résistance armée au régime, « est très sécurisé maintenant, il n'y a pas de guerre », a assuré le porte-parole taliban.

Interrogé sur les manifestations de samedi, dispersées parfois par la force par les talibans, Zabihullah Mujahid a souligné que ces derniers « n'étaient pas encore formés » à la gestion des manifestations et a appelé les manifestants à prévenir les autorités de tout rassemblement 24h à l'avance.

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