Il y a 20 ans, la mort du commandant Massoud, icône de la résistance afghane

Dans les rues de Kaboul, le défunt commandant Massoud est partout, en photo, en dessin, en peinture.
Dans les rues de Kaboul, le défunt commandant Massoud est partout, en photo, en dessin, en peinture. AFP - AAMIR QURESHI

Le 9 septembre 2001, le commandant Massoud meurt dans un attentat-suicide. Considéré comme un héros national en Afghanistan, réputé pour sa redoutable tactique militaire, il avait tenu tête pendant des années à l’armée soviétique dans sa région natale du Panshir, avant de devenir l’ennemi juré des talibans. Il s’est aussi imposé au fil de son combat comme la coqueluche des médias et des chancelleries occidentales qui voyaient en lui l’incarnation de la résistance à l’oppression.

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Ahmad Shah Massoud forge sa légende dans les années 1980 en résistant, du haut de ses montagnes à toutes les offensives soviétiques. Il y a, dit-il à l'époque, la foi de mes combattants, l'aide de Dieu, et comme il l'explique en français, la géographie du terrain. « La vallée du Panshir, ce sont des montagnes et des rivières. Pour nous, c’est très bien. Pour l’ennemi, c’est très mauvais. L’ennemi ne connaît pas bien les montagnes et d’autres choses [qui nous donnent un avantage stratégique]. »

Il n'est pas très grand, d'ethnie tadjike, toujours un pakol sur la tête, le chapeau traditionnel afghan, il porte un bouc, une moustache, et avec cet air de ne pas y toucher, il fait penser, écrit le New York Times en 1999, à un poète de la Beat Generation.

Le mythe Massoud

Le médecin français Eric Cheysson l'a croisé à plusieurs reprises pendant ses missions humanitaires en Afghanistan. « Il y a une magie, il y a un mimétisme qui sortait de cet homme, qui brûlait presque ceux qui étaient à son contact. Cette référence à la poésie, à beaucoup de poètes français, à de grands écrivains français, dans un endroit, le Panshir, qui vous rentre dedans. C’est tellement fort, c’est tellement minéral, c’est tellement puissant… Ça participe de toute cette aura qui entoure cet homme. Tout ça a créé un mythe. »

Après le retrait de l'armée rouge, il prend brièvement le ministère de la Défense et son étoile ternit. On parle de corruption, de clientélisme, mais il n'a pas le temps de s'y attarder. En 1996, il retourne au combat, cette fois contre les talibans qu’il parviendra à stopper, eux aussi, aux portes du Panshir.

Il perd la vie le 9 septembre 2001, tué dans un attentat. Les deux journalistes venus l'interviewer étaient en réalité deux kamikazes réputés proches d'al-Qaïda.  En 2002, il est proclamé héros national par le gouvernement de Kaboul et le 9 septembre devient un jour férié pour tous les Afghans.

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