Afghanistan: les talibans à nouveau accusé d'avoir tué des civils

L'ancien ambassadeur de l'Afghanistan aux Nations unies, Nasir Ahmad Andisha, lors d'une allocution à Genève, en Suisse, le 24 août 2021.
L'ancien ambassadeur de l'Afghanistan aux Nations unies, Nasir Ahmad Andisha, lors d'une allocution à Genève, en Suisse, le 24 août 2021. REUTERS - DENIS BALIBOUSE

Nasir Ahmad Andisha, l'ambassadeur de l'ancien gouvernement afghan aux Nations unies, a appelé mardi 14 septembre ces dernières à enquêter une nouvelle fois sur les violations des droits humains par les talibans. La semaine dernière, le Conseil des droits de l'Homme avait accusé les nouveaux maîtres de Kaboul de recourir de plus en plus à la violence pour réprimer les manifestations. D'après la BBC, les talibans ont tué 20 civils dans le Panshir.

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Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et partiellement reprise par la BBC lundi 13 septembre, un passant est entouré par les talibans, emmené sur le bord de la route et exécuté, alors qu’un habitant insiste : ce n’est pas un militaire, malgré le treillis qu’il porte. C'est une manière de s’habiller très commune dans la vallée du Panshir, explique la journaliste.

La chaîne britannique affirme qu’au moins 20 civils ont été tués dans la région depuis la prise de Kaboul par les talibans en août. Et la BBC donne, à la demande de sa famille, le nom d’une des victimes : Abdul Sami, un commerçant accusé de vendre des cartes SIM à des résistants arrêtés par les talibans. Selon des témoins, son corps, jeté quelques jours plus tard devant sa maison, portait des traces de torture. Le Panshir avait été la dernière région à résister après la victoire des talibans. Ces derniers nient tout meurtre de civils.

Mais les informations sur des exactions commises par les nouveaux maîtres de Kaboul se multiplient : lundi, la Haut-commissaire aux Nations unies des droits de l’Homme, Michelle Bachelet, expliquait avoir reçu des accusations crédibles de meurtres d’anciens militaires afghans et d'arrestations de civils qui avaient travaillé pour les administrations précédentes et de leurs familles. Et ce alors que les talibans ont, à plusieurs reprises, affirmé qu’ils bénéficiaient tous d’une amnistie.

« Des millions de personnes craignent pour leur vie et leurs droits »

À Genève, mardi 14 septembre, Nasir Ahmad Andisha, l’ambassadeur pour les droits de l’Homme de l’ancien gouvernement afghan, a demandé que l’ONU ouvre immédiatement une enquête sur les violences commises par les talibans. Après avoir déjà fait cet appel le 24 août, sans succès, il tente à nouveau de se faire entendre.

« À l'inverse de l’optimisme prudent qui prévalait auparavant, la situation de l’Afghanistan sur le terrain continue de se détériorer sous le régime des talibans. Ce qui est présenté comme un gouvernement intérimaire met en danger non seulement l’unité nationale du pays, sa diversité politique et sociale et augmente les tensions, mais en même temps, une fois encore, elle réaffirme le mépris flagrant des talibans pour les droits des femmes et les obligations internationales de l’Afghanistan », a-t-il déclaré.

« Aujourd’hui, le monde ne peut pas et ne doit pas rester silencieux, alors que des millions de personnes craignent pour leur vie et leurs droits et qu’une crise humanitaire est en train se développer dans le pays. Les femmes et les filles sont particulièrement en danger »

AFGHANISTAN - Nasir Ahmad Andisha, ambassadeur d'Afghanistan à l'ONU, le 14 septembre 2021

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