Afghanistan: les femmes employées par la municipalité de Kaboul sont renvoyées à la maison

Des femmes afghanes défilent pour revendiquer leurs droits sous le régime taliban lors d'une manifestation près de l'ancien bâtiment du ministère des Affaires féminines à Kaboul, le 19 septembre 2021.
Des femmes afghanes défilent pour revendiquer leurs droits sous le régime taliban lors d'une manifestation près de l'ancien bâtiment du ministère des Affaires féminines à Kaboul, le 19 septembre 2021. AP

Cela fait plus d'un mois que les talibans sont au pouvoir et la liste des lois restrictives à l'égard des femmes s'allonge de jour en jour. Ce dimanche, le maire par interim de Kaboul a donné des détails sur le travail des femmes, lors d'une conférence de presse.

Publicité

Molavi Hamdullah Nomani est membre des talibans et occupe la fonction de maire de Kaboul. Veste de costume, coiffé d'un turban, il explique devant la presse que sur les 3 000 employés de la municipalité, près d'un tiers sont des femmes. Et depuis l'arrivée des talibans au pouvoir, elles doivent rester chez elles, jusqu'à nouvel ordre.

Seules les employées féminines ne pouvant être remplacées par leurs homologues masculins peuvent se rendre au travail, selon le nouveau maire. « Par exemple, les femmes qui travaillent dans les toilettes pour femmes de la ville où les hommes ne peuvent pas aller, détaille-t-il. Dans les districts et au bureau central, il y a des femmes pour lesquelles nous n'avons pas de cadre masculin équivalent à leurs postes, dans le secteur de l'électricité ainsi que dans le secteur de la construction, elles peuvent travailler. Mais pour les postes que les hommes peuvent occuper, nous avons dit aux femmes de rester à la maison jusqu'à ce que la situation se normalise. Leurs salaires seront payés. »

Malgré leurs promesses d'être davantage tolérants et inclusifs, les talibans au pouvoir depuis un mois multiplient les gestes portant atteinte au droit des femmes. Dans les années 90 déjà, ils leur avaient interdit l'accès à l'école et au marché du travail.

L'Unesco appelle à un retour des filles dans les écoles 

Ces annonces ont été faites alors que les femmes ont manifesté une nouvelle fois ce dimanche à Kaboul pour réclamer des droits dont elles sont privées au fur à mesure que sont publiés de nouveaux décrets.

Les autorités ont notamment interdit aux jeunes filles de niveau secondaire de retourner à l'école pour le moment. Seuls les collégiens et lycéens étaient autorisés à reprendre le chemin de l'école, samedi. Une décision dénoncée par l'agence des Nations unies pour l'éducation et la culture (Unesco), qui a appelé à la réouverture des écoles pour les filles, mettant en garde contre des « conséquences irréversibles » pour la moitié de la population du pays. 

« Si cette interdiction devait être maintenue, elle constituerait une violation importante du droit fondamental à l'éducation des filles et des femmes », a averti l'Unesco dans un communiqué. Il « est tout aussi important que l'ensemble des enseignantes soient autorisées à retourner à l'école pour enseigner, offrant ainsi un environnement d'apprentissage sûr et inclusif », a ajouté la directrice de l'Unesco, Audrey Azoulay.

À lire aussi : Afghanistan: les talibans laisseront les femmes étudier, mais séparées des hommes

Dix jours après la réouverture des universités privées du pays, le ministère de l'Éducation afghan a annoncé vendredi que « tous les professeurs hommes et les élèves » du secondaire allaient retrouver leur établissement, sans faire aucune mention des enseignantes ou des collégiennes et lycéennes.

À lire aussi : Les femmes afghanes témoignent de leurs craintes et inquiétudes face aux talibans

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail