Philippines: le boxeur Manny Pacquiao candidat à la présidentielle de 2022

Le Philippin Manny Pacquiao (ici le 24 janvier 2019 à Manille) se présente comme candidat d'une faction dissidente au parti du président Duterte.
Le Philippin Manny Pacquiao (ici le 24 janvier 2019 à Manille) se présente comme candidat d'une faction dissidente au parti du président Duterte. Ted ALJIBE AFP/Archivos

Mettant fin à des mois de spéculations, le boxeur Manny Pacquiao a annoncé ce dimanche 19 septembre sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 aux Philippines.

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A 42 ans, le multiple champion du monde Manny Pacquiao se prépare à un nouveau défi : la présidence des Philippines. « Le moment est venu », a-t-il déclaré, moins d'un mois après son dernier combat professionnel qui s'est soldé par une défaite à Las Vegas face au Cubain Yordenis Ugas.

Alors qu'il était jusqu'à récemment un partisan en vue du président Rodrigo Duterte et de sa guerre controversée contre la drogue, « Pac Man » se présente comme candidat d'une faction dissidente au parti présidentiel. 

Dans son enfance, Manny Pacquiao a vécu dans la rue avant de se lancer dans la boxe professionnelle en janvier 1995 pour une bourse de 1 000 pesos (19 euros). Seul boxeur a avoir été champion du monde dans huit catégories de poids différentes, il a fini par amasser une fortune estimée à plus de 500 millions de dollars.

Né dans une extrême pauvreté

Manny Pacquiao est entré en politique en 2010, quand il a été élu député, avant de devenir sénateur en 2016. Il a parfois déclenché des controverses par ses déclarations favorables à la peine de mort ou hostiles à l'homosexualité. Mais il est profondément populaire dans l'archipel, où sa générosité et son chemin vers la réussite alors qu'il est né dans une extrême pauvreté, sont profondément admirés.

« A tous ceux qui me demandant quelles sont mes compétences et aptitudes, est-ce que vous avez déjà souffert de la faim ? », a-t-il déclaré dimanche devant ses partisans. « Savez-vous ce que c'est de n'avoir rien à manger, de devoir emprunter de l'argent à vos voisins ou d'attendre pour récupérer les restes d'un restaurant ? Le Manny Pacquiao qui est en face de vous a été façonné par la pauvreté ».

Le candidat a déjà promis de ne pas ménager ses efforts, en commençant par envoyer « des centaines ou milliers » de politiciens véreux dans une « méga prison » construite à cet effet.

Une victoire non acquise

Malgré son statut de star, la victoire n'est pas acquise pour l'ancien boxeur. Même si l'actuel président ne peut pas se représenter, la Constitution ne l'autorisant qu'à un seul mandat, d'autres candidats pourraient venir devancer Manny Pacquiao, s'ils se décident à se présenter d'ici à la date-limite du 8 octobre.

Au premier rang d'entre eux, la propre fille de Rodrigo Duterte, Sara Duterte-Carpio, qui appartient à un autre parti que celui de son père. L'actuelle maire de la ville de Davao, l'une des plus grandes villes de Philippines, si elle décidait de postuler au poste suprême, arriverait largement en tête, si l'on en croit les sondages.

Rodrigo Duterte s'est lui déclaré candidat à la vice-présidence du pays afin de continuer sa « croisade » contre la drogue et les rebelles, sur laquelle les procureurs de la Cour pénale internationale veulent enquêter pour le meurtre illégal présumé de dizaines de milliers de personnes. Aux Philippines, le président et le vice-président sont élus séparément.

(Avec AFP)

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