La dirigeante de Huawei accueillie en «héroïne» à son retour en Chine

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, salue en sortant de l'avion en provenance du Canada, à l'aéroport international de Shenzhen en Chine, le 25 septembre 2021.
La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, salue en sortant de l'avion en provenance du Canada, à l'aéroport international de Shenzhen en Chine, le 25 septembre 2021. VIA REUTERS - XINHUA

L’avion de l’héritière de Huawei, Meng Wanzhou, a atterri ce samedi soir à Shenzhen, dans le sud-est de la Chine, où se trouve le siège du géant chinois des télécommunications. Cela après trois ans d’assignation à résidence au Canada et l’abandon par la justice américaine de sa demande d’extradition.

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De notre correspondant à Pékin,

L’aéroport international de Shenzhen a viré au rouge ce samedi soir. Rouge, comme la robe de la fille du fondateur de Huawei à sa descente d’avion et comme la marée de petits drapeaux agités par le comité d’accueil sur le tarmac. Les manifestations sont rares dans le pays, celle-ci était visiblement autorisée, la mini foule ayant pu suivre Meng Wanzhou à l’intérieur de l’aéroport au cri de « Vive la Chine ».

Ce retour après trois ans d’assignation à résidence au Canada a été salué comme une « victoire pour le pays » par des médias d’État, qui ont évité d’entrer dans le détail des concessions faites par Madame Meng aux juges américains.

Meng Wanzhou doit en effet sa libération à ses avocats qui ont négocié sa sortie contre des aveux de « fausses déclarations » et de violation des sanctions américaines contre l’Iran. Elle la doit aussi et surtout à la pression de l’État chinois.

Un retour suivi par des dizaines de millions d'internautes

C’est d’ailleurs aux autorités chinoises que la dirigeante financière du groupe Huawei a adressé ses remerciements via un message WeChat envoyé depuis le Boeing 777 d’Air China, spécialement affrété à son attention : « Sous la direction du Parti communiste chinois, notre patrie marche vers une grande prospérité, a écrit la fille du fondateur de Huawei. Sans la force de mon pays natal, je ne serai pas libre aujourd’hui », a-t-elle ajouté avant de s’émouvoir des lumières clignotantes de l’appareil dans la nuit Arctique, la rapprochant de « l’étreinte de la mère patrie ».

Ce vol retour a été suivi en direct par des dizaines de millions d’internautes – le sujet arrivant en tête des recherches sur le réseau chinois Weibo. Il était aussi en Une de tous les journaux du soir, la Télévision centrale de Chine (CCTV) ayant probablement réalisé ce samedi le plus long direct de son histoire depuis l’aéroport de la mégalopole chinoise située en face de Hong Kong.

Meng Wanzhou accueillie en « héroïne », le mot a été employé toute la journée par les commentateurs. Une émotion visiblement partagée par celle que certains commentateurs au Canada ont surnommé « la Joconde », en raison de son sourire énigmatique proche de celui de Mona Lisa et de son mutisme lors des audiences.

Pour la première fois, la directrice financière de Huawei s’est épanchée longuement en public à la sortie du tribunal, remerciant « tous ceux qui l’ont soutenu » pendant ses 1028 jours d’assignation à résidence qu’elle a passé en compagnie de son mari et de ses quatre enfants, dans son manoir de Vancouver à plus de 9 millions d’euros où elle ne reviendra probablement pas de sitôt.

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