Missile hypersonique: la Chine dément un test, les États-Unis «très inquiets»

Les États-Unis sont « très inquiets » de ce que fait la Chine en matière de missiles hypersoniques avec notamment le missile DF-17 que l'armée chinoise avait mis en avant lors du 70e anniversaire de la République populaire de Chine.
Les États-Unis sont « très inquiets » de ce que fait la Chine en matière de missiles hypersoniques avec notamment le missile DF-17 que l'armée chinoise avait mis en avant lors du 70e anniversaire de la République populaire de Chine. © Ng Han Guan/AP

Les États-Unis sont « très inquiets » de ce que fait la Chine en matière de missiles hypersoniques, a souligné, lundi 18 octobre à Genève, le représentant permanent américain en charge du désarmement, Robert Wood. Pékin a, dans le même temps, démenti avoir lancé en août un tel missile.

Publicité

« Nous sommes très inquiets de ce que la Chine fait sur le front hypersonique », a déclaré l'ambassadeur américain qui, après sept ans à Genève, quitte ses fonctions la semaine prochaine pour retourner à Washington. Un article du Financial Times affirmait, samedi 16 octobre, que la Chine avait lancé en août un missile hypersonique à capacité nucléaire, qui a fait le tour de la Terre en orbite basse avant de descendre vers sa cible, qu'il a ratée.

Les autorités chinoises ont démenti ce lundi, parlant de « test de routine d'un véhicule spatial, destiné à tester la technologie de véhicule spatial réutilisable », a assuré devant la presse Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Pékin.

L'ambassadeur américain a souligné que les Russes disposaient, eux aussi, de cette capacité hypersonique et affirmé que les États-Unis « s'étaient retenus de poursuivre » le développement militaire de cette technologie. Les missiles hypersoniques sont des objets volants à Mach 5 ou plus et manœuvrables, les rendant difficiles à détecter et à intercepter. Mais face au développement de ce type d'armes, « nous n'avons eu d'autres choix que de réagir dans la même veine », a déclaré l'ambassadeur Wood.

Les États-Unis et la Russie aussi dans la course au missile hypersonique

Les États-Unis n'ont pas encore de missiles hypersoniques dans leur arsenal, mais ils y travaillent. Le Darpa, bras scientifique de l'armée américaine, a annoncé récemment avoir testé avec succès son missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-Breathing Weapon Concept) à propulsion aérobie, c'est-à-dire qu'il utilise l'oxygène présent dans l'atmosphère pour sa combustion. Le Pentagone développe également un planeur hypersonique appelé ARRW, mais son premier test grandeur nature a échoué en avril dernier.

La Chine, quant à elle, avait déjà présenté en 2019 un missile hypersonique, le DF-17. Cette arme de portée intermédiaire, autour de 2 000 km, sous forme de « planeur », peut porter des têtes nucléaires. Le missile mentionné par le Financial Times, différent, pourrait atteindre l'espace, être placé en orbite puis retraverser l'atmosphère avant de frapper sa cible. Sa portée serait ainsi bien plus grande.

De leur côté, les Russes ont lancé récemment un missile hypersonique Zircon d'un sous-marin. Ils ont mis en service, dès la fin 2019, les missiles hypersoniques Avangard, à capacité nucléaire et lancées par un missile balistique. Selon Moscou, Avangard est capable d'atteindre une vitesse de Mach 27 et de changer de cap et d'altitude.

(Avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail