Birmanie: les prisonniers libérés durant l'amnistie puis arrêtés restent en prison

Des manifestants trois doigts levés lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire le 22 avril 20215 (Image illustration).
Des manifestants trois doigts levés lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire le 22 avril 20215 (Image illustration). © AFP / KNU DOOPLAYA DISTRICT

En Birmanie, mercredi 25 novembre, a eu lieu une série d’audiences un peu particulières, celles de prisonniers libérés fin octobre par amnistie, mais arrêtés à nouveau dès le lendemain ; en cause, une soi-disant « erreur administrative ». Parmi ces histoires, celle de Ito, star de la musique birmane, à travers le récit de sa petite amie. 

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De notre correspondante à Rangoun, Juliette Verlin

L’histoire de Ito est celle de beaucoup de Birmans accusés d’actes de résistance contre la junte. Le jeune musicien était ouvertement opposé au régime ; il risque aujourd’hui trois ans de prison pour incitation à la violence. Depuis son arrestation début septembre, la justice n’avance pas.

« Pendant les audiences, une personne passe pendant quelques minutes, puis une autre, puis encore une, de façon répétitive. Donc je ne sais pas si elles sont vraiment efficaces », raconte la jeune femme.

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Comme quelques centaines de prisonniers politiques, Ito a été relâché par amnistie le 19 octobre, un geste que le monde entier a pris pour de la bonne volonté de la part de la junte, et les familles des proches ont été les premières surprises.

« Les policiers lui ont simplement dit de venir avec eux au poste »

« Quand il m’a appelée après sa libération, j’ai su que c’était vrai. Je lui ai dit que je viendrai le voir le lendemain matin pour passer la journée ensemble. Nous étions en train de parler depuis deux heures, lorsque la police est venue chez lui. Il était très calme. J’étais calme aussi, je pensais qu’il s’agissait seulement d’une procédure administrative, ou quelque chose comme ça. Ils lui ont simplement dit de venir avec eux au poste, et qu’ils discuteraient là-bas, explique-t-elle. Quand je l’ai rejoint au poste, ils lui ont dit qu’ils devaient le renvoyer en prison. La seule information qu’ils nous ont donné, c’était que les autorités ne voulaient pas qu’il soit relâché si tôt. J’ai cru que j’allais me mettre en colère, et crier, mais être en colère demande beaucoup d’énergie. Et pourquoi devrais-je dépenser de l’énergie pour quelque chose contre lequel je ne peux rien faire ? »

L’audience de mercredi n’a rien apporté de nouveau, mais la jeune femme n’est pas surprise, et continue d’espérer que Ito sera libéré avant Noël.

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