Îles Salomon: bâtiments incendiés dans la capitale, l'Australie envoie des troupes, la Chine «gravement préoccupée»

Fumée venant d'un magasin à Honiara, dans les îles Salomon, le 24 novembre.
Fumée venant d'un magasin à Honiara, dans les îles Salomon, le 24 novembre. Georgina Kekea via REUTERS - GEORGINA KEKEA

Les Îles Salomon, petit archipel perdu dans l'océan Pacifique, à 1 500 kilomètres des côtes australiennes, sont secouées par des émeutes anti-chinoises. Plusieurs bâtiments ont été incendiés, jeudi 25 novembre à Honiara, la capitale et des milliers de manifestants ont envahi le quartier chinois de la ville, exigeant la démission du Premier ministre. Des témoins et des médias locaux ont fait état d'une foule bravant le couvre-feu, imposé à la suite des émeutes de mardi, pour descendre dans les rues. L'Australie annonce déployer une force de maintien de la paix et la Chine fait part de sa « grande préoccupation ».

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Des colonnes de fumée noire s'élèvent à nouveau au-dessus de la capitale Honiara ce jeudi. Plusieurs bâtiments sont en feu. Des manifestants bravent le couvre-feu imposé par le Premier ministre. 

Déjà, mercredi 24 novembre, des centaines de personnes ont manifesté, réclamant la démission du Premier ministre Manassah Sogavare, avant de se rendre dans le quartier chinois de Honiara où ils ont brûlé un poste de police et pillé des commerces, jusqu'à l'intervention de la police avec des gaz lacrymogènes.

À la suite à ces incidents, Manassah Sogavare a ordonné un couvre-feu immédiat à Honiara, déplorant un « événement triste et malheureux visant à faire tomber un gouvernement démocratiquement élu ». Le leader de l'opposition, Matthew Wale, a exhorté M. Sogavare à la démission, assurant que les troubles ne cesseraient pas avec un couvre-feu encadré par la police. « Malheureusement, les frustrations et la colère rentrée du peuple contre le Premier ministre se répandent de manière incontrôlable dans les rues, où des opportunistes profitent de la situation », a-t-il déclaré dans un communiqué obtenu par l'Agence France-Presse.

Manifestants venus de l'île voisine

Ces émeutes s'inscrivent dans un contexte de rivalité entre la Chine et Taïwan. Des manifestants venus de l'île voisine de Malaita auraient pris part à ces violences pour protester contre la décision, en 2019, de transférer sa reconnaissance diplomatique de Taïwan à la Chine. Les Salomon avaient choisi de reconnaître Taïwan en 1983 et beaucoup d'habitants de Malaita entretenaient des relations étroites avec Taipei. Le gouvernement de cette île a régulièrement reproché à Honiara de s'être ainsi rapproché de Pékin.

► À lire aussi : Taïwan rompt ses liens diplomatiques avec les Îles Salomon, tournées vers Pékin

Cet archipel du Pacifique, indépendant de la Grande-Bretagne depuis 1978, avait sombré dans des violences interethniques au début des années 2000. De nouvelles tensions avaient entraîné le déploiement, entre 2003 et 2013, d'une force de paix dirigée par l'Australie. Des émeutes avaient notamment éclaté dans le quartier chinois de Honiara lors des élections législatives de 2006, à la suite de rumeurs selon lesquelles des entreprises proches de Pékin avaient truqué le vote.

L'Australie déploie une force de maintien de la paix aux îles Salomon, a annoncé jeudi 25 novembre, le Premier ministre Scott Morrison, afin de mettre fin à deux jours de violentes émeutes, dans la capitale Honiara, visant à renverser le gouvernement. « Notre objectif ici est d'assurer la stabilité et la sécurité », a déclaré Scott Morrison, affirmant avoir reçu une demande d'assistance du Premier ministre Manasseh Sogavare.

L'intérêt grandissant de la Chine pour les Salomon est aussi scruté avec méfiance par les Américains et les Australiens, qui craignent que Pékin n’y construise une base militaire.  

(et avec AFP)

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