Pour le gouvernement birman en exil, le retrait de Total n'est pas désinteressé

Siège de Total à Paris Le Défense.
Siège de Total à Paris Le Défense. AP - Michel Euler

En Birmanie, alors que l’annonce du retrait de Total du pays d’ici six mois est saluée par les activistes, le gouvernement birman en exil réagit de façon un peu plus mesurée, estimant qu’il y a aussi là une part de calcul de la part du pétrolier.

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Avec notre correspondante à Bangkok, Carol Isoux

La déclaration a été saluée dans le monde entier. Le pétrolier Total, accusé, selon les mots de l’ancienne cheffe d’État Aung San Suu Kyi elle-même, d’être « l’une des principales lignes de financement des généraux birmans », vient d’annoncer son retrait du pays, d’ici six mois. Une bonne nouvelle bien sûr, mais si le gouvernement civil birman en exil apprécie le fait que dans son communiqué, le pétrolier évoque l’illégitimité du gouvernement militaire et les violations des droits humains, Maw Htun Aung, ministre délégué aux Ressources naturelles du gouvernement en exil, met en garde contre l’illusion d’un quelconque sacrifice financier de la part du pétrolier…

« Bien sûr c’est une bonne nouvelle, mais nous l’accueillons avec prudence car nous pensons qu’il y a un agenda dissimulé de la part de Total. Il faut savoir que leur investissement avait été rentabilisé dès 2003. Depuis lors, ce sont d’immenses profits qui ont été réalisés et redistribués à la junte ces dix derniers mois. D’autre part, on le sait grâce à des rapports confidentiels, la production était sur le point de se tarir… Total voulait peut-être éviter tous les protocoles et frais liés à un retrait responsable. Il y a aussi un calcul financier qui explique leur décision. »

Responsables politiques et militants s’inquiètent notamment du versement des profits à la junte pendant les six prochains mois alors que plusieurs zones du pays sont enlisées dans des conflits armés meurtriers. 

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