Tadjikistan: neuf morts et 24 blessés dans une opération «antiterroriste»

Vue sur les montagnes du Pamir depuis le sud-est sur la route de Khorog à Murghab au Tadjikistan;
Vue sur les montagnes du Pamir depuis le sud-est sur la route de Khorog à Murghab au Tadjikistan; © Wikipedia

L'annonce a été faite ce mercredi par le ministère tadjik de l'Intérieur. Le pays d'Asie centrale est régulièrement le théâtre de heurts armés.

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Neuf personnes ont été tuées ce mercredi et 24 blessées dans une opération « antiterroriste » dans l'est du Tadjikistan, a rapporté le ministère tadjik de l'Intérieur. Parmi les victimes, un militaire est mort et 13 autres ont été blessés après qu'un cocktail molotov a été lancé sur un convoi du Comité national de sécurité du Tadjikistan, a détaillé le ministère dans un communiqué.

Huit membres d'un « groupe armé illégal » ont de leur côté été tués et 11 autres blessés. Plus de 70 membres de ce « groupe terroriste » non identifié ont été arrêtés, a précisé le ministère.

Les affrontements auraient eu lieu après que quelque 200 personnes faisant partie de « groupes criminels organisés » et armés ont bloqué la route reliant la capitale tadjike, Douchanbé, à Khorog, chef-lieu de la région autonome de Gorno-Badachkhan, non loin de la frontière avec l'Afghanistan.

Cette vaste zone montagneuse du massif du Pamir représente près de la moitié de la superficie du Tadjikistan, mais seulement quelque 200 000 des neuf millions d'habitants du pays. La région borde les territoires afghan, chinois et kirghiz.

Dans la matinée, le Tadjikistan avait annoncé lancer une « opération antiterroriste » dans cette gigantesque région sur fond de tensions croissantes ces derniers mois avec des figures locales. « Pour assurer la sécurité des citoyens et de l'ordre social, les organes de sécurité ont lancé une opération antiterroriste », avait indiqué le ministère dans la matinée. Le gouvernement accuse des « groupes criminels » locaux d'être financés par des « organisations extrémistes et terroristes étrangères ».

Un mort mardi

Cette annonce est intervenue alors que le ministère de l'Intérieur rapportait également des heurts mardi avec les partisans d'une influente figure du Gorno-Badakhchan, Mamadbokir Mamadbokirov que les autorités tadjikes qualifient de « chef d'un groupe criminel ».

Les tensions s'exacerbent depuis des mois, et les autorités tadjikes ont coupé l'internet dans toute la zone il y a plusieurs mois. L'ambassade des États-Unis à Douchanbé avait dénoncé cette mesure en mars et appelé le Tadjikistan à « respecter les libertés fondamentales ».

Ce pays d'Asie centrale est la plus pauvre des ex-républiques soviétiques. Il a été déchiré par une guerre civile avec des islamistes et des opposants au régime en place, notamment des groupes du Gorno-Badakhchan, dans les années 1990. Depuis 1992, le pays est dirigé par Emomali Rakhmon, dont la dérive autoritaire est dénoncée par de nombreuses ONG et capitales occidentales.

(Avec AFP)

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